‹ La légende des GirondinsChapitre 181 sur 274 · Moniteur du 21 avril 1793. Séance du 19 avril · texte numérisé non relu

Moniteur du 21 avril 1793. Séance du 19 avril

318 LA LÉr.ENDE DES GIRONDINS i

par suite la responsabilité appartenaient bien à la Gi- \

ronde. Lasource avait été nommé président, et, com- \

me lui, les ti-ois secrétaires élus, Doulcet, Lehardy et •

Chanibon, étaient Girondins l. ^

La conduite de ces hommes d'État, qui procla- j

maient bien haut que « tout homme était libre de ma- 'i

nifester sa pensée et ses opinions ; que la liberté de ■

la presse et tout autre moyen de publier ses pensées i

ne pouvait être interdite, suspendue ni limitée 2 » ; et ' }

qui disaient en même temps, comme Isnard: « Nous ^

sommes tous d'accord que celui qui, malicieusement ;

et à dessein, prononcerait des propos tendant au roya- \

lisme doit être puni de mort » ; cette conduite inspi- ;

rait à un journal assurément peu suspect de faiblesse :

à l'endroit des royalistes, ces réflexions indignées : ;

Au moment, écrivaient les Révolutions de Paris, au moment J

même destiné à la rédaction des vrais principes après lesquels i

toute la France soupire, on nous dit qu'il faut les faire taire *

pour l'instant, les reconnaître, si l'on veut, mais suspendre .

leur application, parce que nous ne sommes pas seulement l

en guerre avec les étrangers, mais encore avec nous-mêmes : ^

parce que des aristocrates, des royalistes sont mêlés aux ^

patriotes, et que le combat entre eux doit être à mort. En i

conséquence, tandis qu'on donne une nouvelle déclaration des .

droits de l'homme, tandis qu'on reconnaît solennellement la I

liberté indéfinie des opinions dans la Convention, à trente toi- .1

ses de là, au Carrousel, on coupe la tête à une femme, à une v

servante pour ses opinions. Le sang d'une femme qui a parlé |

inconsidérément coule et rejaillit, pour ainsi dire, sur des I

législateurs philosophes décrétant la franchise de la pensée. I

Et les prisons se remplissent de coupables de cette espèce » 1 |

L'heure est proche où ces législateurs philosophes i

poi'teront la peine de leur criminelle lâcheté. Encore f^

1. Moniteur du 21 avril 1793. Séance du jeudi au soir, 18 n avril. ^

2. Déclaration des droits naturels, civils et politiques des "-, Jiommes, en tête du Plan de Constitution présenté par les ;^ Girondins. J

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