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^. Fragment sur les 31 mai, 1er et 2 juin 1793, par le comte Lanjuinais.
t. Souvenirs de Dulaure, p. 282.
rie, et ils se sont rangés en bataille sur la place du Palais-Égalité.
Un soleil radieux brille au ciel et réjouit les rues pleines de peuple. Tous les ateliers sont fermés comme en un jour de fête. Les femmes sont assises sur le pas de leurs portes pour voir passer l'insurrection i.
Cette insurrection dirigée contre les chefs de la Gironde, quels en sont les auteurs? Quels sont les adversaires qui se dressent en face des Brissot, des Condorcet, des Guadet, des Vergniaud et des Roland ? Ce sont des hommes sans nom, la lie des égouts parisiens : un Varlet, que la Société des Jacobins à chassé de son sein ; un Maillard, le chef des égorgeurs de l'Abbaye; un Gusman, un Proly, des étrangers, rebut des nations ; un Dobsent, un Desfieux, marchand de vins taré ; d'autres plus obscurs et plus misérables encore, gens de sac et de corde, qui ont formé à l'Évêché une Comynission de neuf membres, un comité directeur de l'insurrection, et qui se sont installés, le matin même, à l'Hôtel de ville, d'où ils transmettent leurs ordres à la Commune, au Département et aux Sections.
Vergniaud, Guadet, Gensonné, Lasource, Isnard, tous ces orateurs dont l'éloquence a réduit en poudre le trône de Louis XVI, vont sans doute renverser d'un souffle ces indignes adversaires. Ils ont pour eux d'ailleurs d'autres armes que leur éloquence. Dans le sein de la Convention, la majorité leur appartient encore. Il y a trois jours à peine, un appel nominal a eu lieu sur la question de savoir si le décret qui avait cassé la commission des Douze serait rapporté ; et, lors de ce vote, les Girondins ont réuni 279 voix, tandis que leurs ennemis ne pouvaient en obtenir que 238 2. La commission des Douze, investie de pou-