Moniteur du 30 mai 1793. Séance du 28 mai
voirs très étendus, leur est entièrement dévouée. Si le ministre de la guerre, Bouchotte, leur est hostile, Lebrun, ministre des affaires étrangères, et Clavière, ministre des contributions publiques, sont leurs créatures Garât, ministre de l'intérieur, est leur ami, sans préjudice, il est vrai, de l'amitié plus grande que ce philosophe a vouée à la force et au succès. Dans ces conditions et au moins sur ce terrain de l'Assemblée, où ils sont chez eux, où ils sont les maîtres, ils peuvent se détendre, vaincre peut-être, ou, s'il faut succomber, succomber avec honneur. Il n'en a rien été. Guadet, Valazé, Camboulas et Doulcet ont déployé une courageuse énergie dans la séance du 31 mai ; ils ont fait preuve d'une vaillance dont il est juste de leur tenir compte i. Mais les autres ? Les principaux membres de la Gironde avaient jugé prudent de ne pas se rendre à leur poste 2. Brissot et Buzot assistaient-ils à la séance ? Le Moniteur est muet à cet égard. Absents, ils ont déserté leur poste, à l'heure du péril ; présents, ils n'ont pas trouvé une protestation, pas un mot, pas un cri à jeter à la face de ces hommes qui demandaient leur tête. Condorcet était bien dans la salle, mais les pétitionnaires de l'émeute ne l'ont pas inscrit sur leur liste de proscription, et il se garde bien de réclamer contre cette omission ; il ne veut pas perdre le bénéfice de son attitude dans la séance du 28 mai, où il s'est séparé (le ses amis et où il a voté hautement, avec la Montagne, contre la commission des Douze. Deux autres Girondins, Carra et Rabaut-Pommier, avaient voté ( omme lui, pour le maintien du décret qui avait cassé la commission 3.