Moniteur du ier juin 1793. M. Morliaier-Ternaux qui re
La séance continue, le péril va croissant ; une députation envoyée par le Conseil général révolutionnaire, qui siège à l'Hôtel de ville, a paru à la barre et a dénoncé le grand complot « découvert par les commissaires des quarante-huit sections ». Guadet s'élève avec force contre les pétitionnaires ; il s'étonne que « les sections de Paris nomment des commissaires pour aviser au moyen de sauver la république » ; il montre que ces commissaires des sections ont organisé une imurrection véritable ; il demande à la Convention si elle laissera subsister cette autorité rivale qui s'élève à côté d'elle, ce comitù révolutionnaire, qui se permet de faire des lois. — Tout à rheure, Vergniaud a fait repousser la motion de Yalazé; il se charge maintenant de réfuter Guadet. Guadet a parlé ^une insurrection ; il a dénoncé le Comité révolutionnaire formé par les commissaires des quarante-huit sections. Or, voici que Vergniaud déclare que Paris est calme ; qu'il suffit de parcourir les rues, de voir l'ordre qui y règne, pour reconnaître que Paris a bien mérité de la patrie ; et donnant IcKîture du décret suivant, il le fait adopter sans débats :
La Convention nationale décrète à runanimité que les sections de Paris ont bien mérité de la patrie pour le zèle qu'elles ont mis aujourd'hui à rétablir l'ordre, à faire respecter les personnes et les propriétés et à assurer la liberté et la dignité d(i la Convention nationale.
La Convention invite les sections à continuer leur surveillance jusqu'à l'instant où elles seront averties, par les autorités constituées, du retour du calme et de l'ordre public.
Était-ce habile ? Il est permis d'en douter : à coup Sur, c'était lâche. Aussi, quelle fête à l'Hôtel de ville, quelle joie mêlée de rires et de sarcasmes, lorsque
produit le discours de Vergniaud, a omis de citer ce passage, t. VII, p. 326.
les délégués de la Commune lui écrivirent des Tuile- ■ ries : « Nous vous prévenons que, sur la proposi : tion de Vergniaud, ce qui vous étonnera peut-être, \ la Convention nationale vient de décréter à l'instant \ que les sections de Paris, dans les mesures par elles i prises pour sauver la chose publique, avaient bien l mérité de la patrie i. » ;
Une nouvelle députation est introduite. Parlant au | nom des quarante-huit sections, elle demande — en i même temps que la création d'une armée révolution- 1 naire formée de sans-culottes, et le rapport du décret i qui avait rétabli la commission des Duu/e — la mise \ en accusation des vingt-deux membres de la Conven- j tion dénoncés par les sections de Paris et par la majo- j rite des départements ; — l'arrestation des membres | de la commission des Douze; — la fixation du prix du ; pain à 3 sols la livre dans tous les départements, au j moyen de sols additionnels mis sur les riches ; — le j licenciement de tous les nobles occupant des grades | supérieurs dans les armées ; — la création, dans tou- I tes les places de la république, d'ateliers destinés à \ fabriquer des armes pour les sans-culottes ; — l'envoi \ de commissaires à Marseille et dans les autres villes ; du Midi, où se sont manifestés des mouvements con- I tre-révolutionnaires ; — une proclamation qui venge | Paris des calomnies répandues contre cette ville ; — | l'arrestation immédiate des ministres Lebrun et Cla- % vière 2. ^
L'impression et l'envoi aux départements de cette | adresse, si menaçante pour les députés de la Gironde, ^ sont décrétés... sur la demande de Vergniaud 3 ! À
La nuit est venue. Lhuillier a lu l'adresse qui dé-f
1. Dépêche écrite de la Convention par les délégués de la Commune et signée : Naudin, Garelle, Cavaignac, Henry. \