Gorsas. Précis rapide... etc
GmoNDDsS 22
démission. Les deux derniers méritèrent ainsi que ] Marat leur imprimât la flétrissure de sa protection j et les fît effacer de la liste. Isnard et Fauchet reçu- j rent aussi leur châtiment, séance tenante ; tandis que ^ leurs collègues étaient décrétés d'arrestation, un arti- i cle additionnel décidait « qu'Isnard et Fauchet qui, \ pour la paix et la tranquillité publique, avaient con- { senti à leur suspension, ne seraient pas mis en état I d'arrestation, mais seulement ne pourraient pas sor- j tir de Paris. » :
Pendant que ces choses se passaient à l'Assemblée, j les députés, réunis chez Meillan, — Brissot, Petion, | Gensonné, Guadet, Buzot, Grangeneuve, Vergniaud, : qui venait de les rejoindre, après avoir quitté la salle ; de la Convention, — prenaient un parti qui les peint ^ tout entiers. Laissant Lanjuinais tenir tête à la Mon- ] tagne, aux tribunes, à l'émeute qui rugit au-dedans ; et au dehors de la salle, ils se décident à opposer à ' leurs ennemis une feuille de papier ; mettant en com- i mun leur courage et leur éloquence, ils rédigent une \ Déclaration au peuple français. « Nous étions si ] convaincus, dit Petion dans ses Mémoires, que le pé- i ril était imminent, que nous choisîmes deux d'entre ] nous pour rédiger une déclaration au peuple français, 1 expositive de nos principes... Au moment même où j les commissaires s'occupaient de cette rédaction, le | frère de Rabaut Saint-Etienne entra et nous dit, avec l'accent d'un homme hors de lui : « Il n'y a plus de « Convention ; on fait irruption dans la salle, on s'em- « pare des députés. Sauve qui peut ! Sauve qui peut « Nous n'eûmes que le temps de nous dire : « Cher- « chons vite des retraites », et chacun se retira i. »
Sauve qui peut ! Ainsi finit la Gironde.