‹ La légende des GirondinsChapitre 198 sur 274 · Altnanach royal de 1792, p · texte numérisé non relu

Altnanach royal de 1792, p

o. Almanach national de France, année commune 1793, l'an Ih de la république, p. 73.

4. Œuvres de Henri Fonfrède, t. IX, p. 65. — Le fils de Boyer-Fonfrède estime, comme Mme Roland, que Verçniaud n'ctait pas fait pour la politique. « Il fallait, dit-il, presque lui faire violence pour le décider à parler... Le torrent des événements l'avait jeté dans un monde politique pour lequel il n'était pas né. »

une de tes amies, qui a une tache rouge à la lèvre, te dit mille choses tendres; elle t'est prodigieusement attachée i. » Serait-il téméraire de supposer que Vamie qui avait une tache rouge à la lèvre, et Louise, et les autres femmes dont Vergniaud collectionnait ainsi les lettres, étaient pour quelque chose dans la détermination qu'il avait prise de rester à Paris ?

Cette correspondance amoureuse n'absorbait pas d'ailleurs tous ses instants, et il lui arrivait parfois d'écrire à la Convention pour demander que le Comité de salut public, qui devait présenter dans les trois jours son rapport sur les complots, fût tenu de le faire. M. Vatel a publié ces lettres qui seraient, d'après lui, au nombre de cinq. La quatrième porte cette suscription :

Vergniaud, député du département de la Gironde, à Barrère et à Robert Lindet, membres du Coonité de salut public de la Convention nationale.

Elle est datée de Paris, le 28 juin 1793.

Cette lettre dans laquelle l'auteur, s'adressant à Barère et à Robert Lindet, les traite d'imposteurs et d'assassins, et développe avec une extrême énergie, pendant plusieurs pages, cette double accusation, ferait grand honneur à Vergniaud... si elle était de lui ; malheureusement pour sa mémoire, il n'en est rien. « L'authenticité de la lettre de Vergniaud à Barère et à Robert Lindet n'est pas contestée », dit M. Vatel, obligé pourtant de reconnaître que l'original n'existe pas et qu'elle ne se trouve dans aucun journal, dans aucun recueil parisien. Il en a seulement rencontré une reproduction dans les n^s 2 et 3 du Bulletin des Autorités comtituées, réunies à Caen, 30 juin 1793, et une autre aux Archives nationales, venant de Nîmes, de l'imprimerie nationale de J. Claude, impri-

1. Toutes ces lettres ont été publiées par M. Ch. Vatel, Vergniaud, t. II, p. 211 à 217.

meur du département du Gard, 1793. Cette dernière porte au dos l'annotation suivante écrite à la main :

NOTA. — Cette pièce a été suspendue qua/id on a su que l'armée avait évacué de la citadelle du Saint-Esprit et que Vannée allobrogienne marchait avec les rebelles de Nîmes i.

M'est-il pas probable que cet écrit qui, par ses dimensions comme par son contexte, est bien plutôt un pamphlet qu'une lettre, a été composé non à Paris, par Vergniaud, mais à Caen, où les Girondins avaient établi une oîlicine de publications destinées à attiser dans les départements la haine contre la Montagne 2 ? Cette supposition ne se change-t-elle pas en certitude, lorsque l'on voit, par les documents ofliciels, qu'à la date du 28 juin 1793, Robert Lindet n'était pas membre du Comité de salut public ? Il n'a été appelé à en faire partie que le 4 juillet suivant 3. On pouvait, en province, se tromper sur ce point. De la part de Vergniaud, à Paris, une pareille erreur est inadmissible. A cette preuve matérielle, nous ajouterons une preuve morale, qui ne nous semble pas moins concluante.

Vergniaud a adressé à la Convention quatre lettres, celles-là bien authentiques, et que publie également M. Vatel. Or, dans ces lettres, loin de prendre à partie les membres du Comité de salut public et de leur tenir un langage rempli de violence, il plaide sa cause, avec éloquence sans doute, mais avec modération. Dans la plus importante, datée des Prisons de la Force, le 12 août 1793, et envoyée en double par Vergniaud à la Convention et au Comité de salut public, il s'exprime sur un ton bien différent de celui cjui respire dans la lettre publiée, sous son nom, le 30

1. No 36, regi<tre no 1833 ; A. F., 11, 46. — Vergniaud, par Ch. Valel, t. II, p. 198.

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