Mémoires de Buzot, p
prit insurrectionnel des départements, dit Petion. était excellent, il était général l. » — Dans une Dcclai-atioa, signée de Buzot et de Petion, et rédigée par eux en commun quelques heures avant de mourii*, ils qualifient la tentative de résistance départementale du mois de juin 1793 de « mouvement sublime et national des départements 2. »
Nous sommes ici bien près d'être d'accord avec Petion et Buzot, et, comme eux, nous approuvons la protestation armée des départements contre la tyrannie de la Commune et des sections parisiennes. Gardons-nous pourtant de qualifier l'insurrection normande de mouvement sublime. La Vendée se levant tout entière pour détendre sa religion ; les hommes, les femmes, les vieillards, les entants, abandonnant leurs foyers, sacrifiant tout, leurs biens comme leurs vies, mourant pour leur Dieu proscrit et pour leur roi captif; cet héroïsme qui, n'eût-il duré qu'un instant, n'eùt-il été qu'une fiamme passagère, aurait encore jeté sur le nom de la Vendée et de la Bretagne un éclat incomparable ; cet héroïsme prodigieux, renaissant de la cendre des chaumières incendiées, du sang incessamment versé des martyrs, et se prolongeant pendant des années entières : voilà ce qui est véritablement sublime. Quant au mouvement girondin, à la velléité de résistance de ces braves gens de l'Eure et du Calvados qui forment leurs bataillons, marchent en ayant, et se retirent dans leurs maisons dès qu'ils s'aperçoivent qu'on leur barre la route et que la chose ne va pas décidément toute seule, n'ayons pas la cruauté de parler à ce propos d'hé/oïsme et de sublime courage. Rien ne ressemble moins ù