‹ La légende des GirondinsChapitre 203 sur 274 · Mémoires de Petion, p · texte numérisé non relu

Mémoires de Petion, p

2. Cette déclaration, véritable testament politique de Buzot et de Petion, a été publiée pour la première fois, en 1866, p:ir M. Dauban.dans son Introduction aux Mémoires inédits de Petion.

l'Iliade de la Vendée que l'Odyssée de ces bons bourgeois normands, qui passent beauc(jup de revues, chantent beaucoup de chants patriotiques, et jugent pi'udentde s'en tenir* à un seul combat, dans lequel il n'y a eu ni mort ni blessé. C'étaient pourtant des hommes de cœur, et l'entreprise avait vaillamment commencé, avant la venue des députés de la Gironde. A peine furent-ils arrivés, à peine eurent-ils été mêlés au mouvement qu'il se trouva aussitôt condamné à l'impuissance, pour finir peu après dans le ridicule.

Nous disons que l'entreprise, au début, avait été conduite avec vigueur. En eilèt, dans la nuit du 30 au 31 mai, le cunseil du département du Calvados vota la formation d'une force armée départementale chargée d'assurer la liberté des délibérations de la Convention nationale. La commune, les sociétés civiques, tous les corps administratifis et judiciaires séant à Caen, donnèrent leur assentiment à cet arrêté, qu'une députation de dix commissaires fut chargée de porter' à l*aris. L'adr^esse dont les commissaii-es devaient donner lecture à la Convention, se ter-minait par ces paroles : « Nous dc3clarons une guei-re à mor-t aux anarchistes, aux prescripteurs et aux factieux, et nous ne mettrons bas les ar-nies qu'après les avoir fait rentrer dans le néant l. »

Arrivés à Paris le 2 juin, alors qu'était déjà en partie consommé l'attentat qu'ils avaient mission de pi'évenir, les commissaires ne tardèrent pas à rentrer à Caen. Le 7 juin, quelques heures avant leur r^etour, une des sections de ville, celle de la Liberté, avait déclaré qu'il était impossible d'accepter- les événements survenus à Paris et on oit proclamé l'insurrection, sauf l'adhésion des quatr^e autres sections, laquelle fut immédiatement pr^ovoquée. Le retour des commissai-

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