‹ La légende des GirondinsChapitre 205 sur 274 · Souvenirs, par M. Vaultier, p · texte numérisé non relu

Souvenirs, par M. Vaultier, p

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Chaque député, le soir même de son arrivée à Caen, se présente à rassemblée d'insurrection et à la société populaire, fait un exposé de la situation, un compte rendu des événements dont il a été témoin à Paris, reçoit, au milieu des applaudissements, une branche de laurier, ornée d'un ruban aux trois couleurs, et présentée par une jeune fille i, — et c'est tout. Seuls, Buzot et Gorsas ont pris plus d'une fois la parole dans rassemblée d'insurrection, le premier à trois reprises, et le second deux fois 2. Le 7 juillet, une grande revue est passée par le général Wimpfen sur le ci-devant Cours-la-Reine. Elle a pour but d'exciter les esprits, d'enflammer les cœurs et de recueillir les noms des volontaires disposés à marcher contre la Montagne. Les députés girondins assistent à cette revue 3. Aucun d'eux ne se fait entendre ; aucun d'eux ne juge que ce soit le lieu et le moment de prononcer un de ces discours dont ils sont d'ordinaire si prodigues. Ces singuliers hommes d'Etat étaient convenus entre eux, — c'est Petion qui nous l'apprend, — de ne chercher en aucune manière à influencer les autorités constituées, de ne donner leur avis qu'individuellement et seulement quand on le leur demanderait i. « Ils pensèrent, dit M. Frédéric Yaultier, qu'étant parties personnellement intéressées dans l'affaire, il leur convenait peu d'y intervenir à un autre titre, et que d'ailleurs l'insurrection étant un fait tout populaire et de localité, c'était à la population et à ses mandataires immédiats qu'en devait appartenir exclusivement la direction 5. »

i. Mi'nioi.-ts lie Petion^ p. liô.

2. E-rtr'iit <J'i- procès-verbfi! i/''s S'^'oices du conseil gênérai du di'portement du Calvados.

3. Charlotte Cordiy y assistait également: elle se mit en route pour Paris deux jours après, le 9 juillet.

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