‹ La légende des GirondinsChapitre 208 sur 274 · Cité par M. Vatel, t. III, p · texte numérisé non relu

Cité par M. Vatel, t. III, p

3. Notices historiques sur la révolution dans le département de VEure, par L. Boivin-Champeaux, p. 454.

rappelions ces beaux temps d'une république fameuse où les législateurs quittaient la toge pour prendre l'armure guerrière i. »

Les députés girondins se décident donc enfin à entrer en lice; ils vont eux, les chefs, se montrer à leurs soldats !... Ecoutez la suite :

Mais la réflexion fit disparaître ces idées chevaleresques. Nous vîmes que nous allions tomber dans le piège que nous tendaient nos ennemis, et justifier leurs calomnies, que nous allions faire dégénérer en petite querelle une grande cause nationale... C'était, de plus, nous venger nous-mêmes, et c'était à la nation à nous venger, à se venger. C'était en quelque sorte abdiquer notre caractère de représentants, et nous soutenions toujours qu'on n'avait pas pu nous en dépouiller, que nous en étions revêtus... Enfin, la familiarité qu'entraîne la vie commune de soldats eût peut-être fini par nous faire perdre dans les bataillons une considération que nous avions be- Isoin de conserver *.

Les députés de la Gironde s'éloignèrent sans avoir tiré un coup de fusil, sans avoir compromis leur comidêratioii au contact de vulgaires soldats, et pouvant, certes, se rendre, avec leur collègue Petion ; cette justice, que leur conduite n'avait rien eu de chevaleresque. Ils se dirigèrent par Vire, Dol et Carhaix, sur Quimper et sur Brest, où ils s'embar-

I^^quèrent pour le Midi.

^B Telle a été l'épopée des Girondins en Normandie, telle leur attitude et leur conduite, sur laquelle un homme qui les a vus de près, M. Frédéric Vaultier, a porté ce jugement, dont il nous parait ditticile de contester la modération et la justesse :

Les chefs de la Gironde n'étaient pas précisément ce qu'ont prétendu en faire leurs admirateurs... Maîtres des affaires au sein de la représentation nationale, on sait avec quelle impré-

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