‹ La légende des GirondinsChapitre 209 sur 274 · Mémoires de Petion, p · texte numérisé non relu

Mémoires de Petion, p

voyance ils avaient laissé grandir au dehors et s'élever audes.sus dVux cetle horrible faction de la Montagne, qui finit par les écraser. Ils no se montreront pas plus habiles dans notre mouvement d'insurrection caennaise, où leur action se borna de mê ne au succès de quelques discours...

La position de ces hommes célèbres au milieu de nos insurgés normands, chez lesquels ils étaient venus se jeter, eût été dramatiquement fort belle, s'ils l'eussent voulu. Un grand intérêt s'attachait à leur proscription... L'impression du moment, toute favorable, écartait des souvenirs d'une autre espèce... Ils ne surent tirer aucun parti de ces circonstances, et restèrent nuls au milieu d'un mouvement qu'on paralysa sous leurs yeux, sans qu'ils parussent en avoir le moindre soupçon *.

C'est à leur nullité, à leur imprévoyance, à leur sotte vanité, qu'est dû l'échec ridicule auquel est venue aboutir l'insurrection normande ; ce sont eux qu'il en faut rendre responsables, et non les hommes de cœur qui se sont levés pour leur querelle, dans les rangs desquels ils ont refusé de se mêler, afin de ne pas compromettre leur dignité, et à qui ils semblaient dire : Braves gens, c'est alïaire à vous de nous sauver et de nous ramener triomphants à Paris. A vous, à vous seuls, le péril et l'efiort ; à nous, à nous seuls, le profit et l'honneur ! — Les volontaires de l'Eure et du Calvados, de l'Ille-et- Vilaine et du Finistère ont sagement fait de s'arrêter dès les premiers pas, et de ne point pousser plus loin l'aventure. Les beaux parleurs de la Gironde ne sont pas des hommes pour qui l'on meurt !

Après avoir parlé des proscrits du 2 juin, de ceux qui s'étaient réfugiés dans les départements, comme de ceux qui n'avaient pas quitté Paris, il nous reste à

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