Mémoires de Mme Roland, édition Dauban, p
Comité de sûreté générale. Il y fut porté, après la lecture du rapport d'Amar, sur la demande de Billaud-Varenne, afin sans doute de compromettre encore davantage les Girondins, qui l'avaient pourtant toujours combattu.
Des quarante-trois députés dont on vient de lire les noms, huit avaient signé la protestation du 6 juin ; c'étaient Lauze-Duperret, Gamon, Duprat, Lacaze, Savary, Mazuyer, Bresson et Vallée. Chasset (du Rhône) et Detérmon, qui avaient signé comme eux, étaient mis hors la loi de par le décret du 28 juillet, que nous avons cité plus haut. Les autres signataires, au nombre de soixante- cinq, étaient envoyés en détention dans des maisons d'arrêt. En voici la liste :
Blanqui, Daunou, Bailleul, Rover, Maisse, Peyre, Gazeneuve, Serres, Dabray, Massa, Garillie, Saint- Prix, Peyriès, Tournier, Ph. Delleville, Ribereau, Couppé, H. Fleury, Giraut, Fayolle, Marbos, Dubusc Olivier-Gérente, Blad, Bohan, Queinec, Aubry, Rabaut-Pomier, Estadens, Rouzet, Descamps, Laplaigne, Moysset, Lebreton, Obelin, Derazey, Amyon, Babey, Ferroux, Grenot, Laurenceot, Vernier, Saurine, Jary, Lefebvre, Blaviel, Laurence, V. Corbel, Rouault, Blaux, Delamarre, Dugué-Dassé, Dusaulx, Varlet, Guiter, Salmon, Mercier, Doublet, Hecquet, Faure, Lelevre (de la Seine-Inlerieiu^e), Ruault, Vincent, Saladin, Ghastellain.
« Il n'est rien changé, disait l'article 3 du décret du 3 octobre, à la loi qui a déclaré traîtres à la patrie Buzot, Louvet, et autres compris dans les décrets pr excédents. » Les députés qui, en vertu de cette disposition, restaient sous le coup de cette terrible et atroce mesure, la mise hors la loi, étaient au nombre de vingt et un : Buzot, Louvet, Barbaroux, Gorsas, Lanjuinais, Salle, Louvet, Bergoeing, Petion, Chasset, Kervélégan, Henri Larivière, Rabaut-Saint-Etienne,
Lesage, Guadet, Lidon, Chambon, Valady, Defermon, Cussy et Meillan.
Les trois listes que nous venons de donner comprennent ensemble cent vingt-neuf noms. Quelquesuns y figurent, qui sont étrangers à la Gironde, ceux de Philippe-Egalité et de Lanjuinais, par exemple ; d'autres, au contraire, ne s'y trouvent pas, qui cependant lui appartiennent, ceux de Rebecqui, Kersaint, Pénières, Dulaure, Gomaire, Bertrand-Lhodiesnière, Saint-Martin et Lanthenas. Ce dernier, inscrit le 2 juin sur la liste des députés dont l'arrestation était réclamée par les sections, en avait été effacé à la demande de Marat. Saint-Martin, membre de la Commission des douze, avait dû à la protection du Montagnard Legendre de ne pas partager le sort de ses collègues. Bertrand-Lhodiesnière et Gomaire, qui faisaient également partie de la Commission des douze, avaient été tous les deux décrétés d'arrestation ; mais Bertrand-Lhodiesnière avait, dès le 5 juin, imploré sa grâce en des termes qui lui avaient valu d'être taxé de lâcheté par Lauze-Duperret l; et, le 8 juillet, Saint-Just, parlant au nom du Comité de salut public, avait demandé qu'il fût rappelé dans le sein de la Convention, comme ayant été plus trompé que coupable 2. Quant à Gomaire, il avait été incarcéré au Luxembourg le 28 juillet, en même temps que Vergniaud, Gensonné et Lehardy, et c'est sans doute par suite d'une erreur qu'il ne fut pas porté avec eux, le 3 octobre, sur la liste des députés traduits devant le tribunal révolutionnaire. Dulaure ne fut décrété d'accusation que le 22 octobre, à la suite d'une observation d'André Amar, qui vint déclarer que, si son nom n'avait pas été inséré dans le décret du 3 octobre, c'était par suite d'une erreur involon-