‹ La légende des GirondinsChapitre 218 sur 274 · Moniteur da 17juillet · texte numérisé non relu

Moniteur da 17juillet

LA LÉGENDE DES GffiONDINS 381

taire i. Pénières, député de la Corrèze et ami de

Dulaure, ne fut compris dans aucune poursuite. Kersaint et Rebecqui avaient donné leur démission de membres de la Convention, le premier, le 20 janvier, et le second, le 9 avril 1793 ; de là, l'absence de leurs noms sur les listes de proscription du 2 juin et du 3 octobre.

Quoi qu'il en soit de ces erreurs et de ces omissions, les trois listes que nous avons données permettent de reconstituer dans son ensemble le tableau des membres de la Gironde. C'est ce qui nous a décidé à les reproduire, et nous avons d'autant moins hésité à le faire qu'on les chercherait vainement dans les historiens de la Révolution. Seul, M. de Lamartine a publié ces listes, mais nous n'étonnerons sans doute aucun de nos lecteurs, en disant qu'il l'a fait d'une façon très incomplète et très inexacte. Il est d'ailleurs remarquable que tous les historiens ont commis, à l'occasion de cette importante séance du 3 octobre 1793, qui vit la fin de la Gironde, de nombreuses erreurs. Le récit de M. Thiers, en particulier, nous parait mériter qu'on s'y arrête quelques instants. Après avoir raconté l'exécution du général Custine, qui eut lieu le 28 août et qu'il place au mois d'octobre, M. Thiers continue en ces termes :

Les exécutions ne devaient plus s'arrêter ; on renouvela l'ordre de hâter le procès de Marie-Antoinette. L'acte d'accusation des Girondins, tant demandé et jamais rédigé, fut présenté à la Convention. Saint-Just en était l'auteur. Des pétitions des Jacobins vinrent obliger la Convention à l'adopter. Il fut dirigé non seulement contre les vingt-deux et les membres de la Commission des douze, mais en outre contre soixantetreize membres du côté droit, qui gardaient un silence absolu depuis la victoire de la Montagne, et qui avaient rédigé une

Page 1