Mémoires de Dulaure, édition de la Sicotière^ p
ulaure avait pu s'échapper et se réfugier en Suisse, Voy. le très intéressant volume de M. Marcellin Boudet sur les Conventionnels d'Auvergne.
protestation très connue contre les événements du 3i mai et \
du 2 juin. Quelques Montagnards forcenés voulaient l'accusa- ï
tion c'est-à-dire la mort, contre les vingt-deux, les douze et \
les soixante-treize ; mais Robespierre s'y opposa et proposa i
un moyen terme : ce fut d'envoyer au tribunal révolution- '
naire les vingt-deux et les douze, et de mettre les soixante- \
treize en arrestation. On fit ce qu'il voulut : les portes de la j
salle leur furent aussitôt interdites, les soixante -treize arrêtés, 1
et injonction faite à Fouquier-ïinville de s'emparer des mal- \
heureux Girondins *. ]
M. Thiers a confondu le rapport de Saint-Just, sur \
les trente-deux, lu dans la séance du 8 juillet, avec \
le rapport d'André Amar, lu dans la séance du 3 octo- \
bre. Bien loin de pousser à des mesures de rigueur \
contre les signataires de la protestation du 6 juin, le \
rapport de Saint-Just gardait sur cette protestation \
et sur ses auteurs le plus complet silence. Il ne ré- \
clamait de poursuites contre aucun d'eux ; il deman- '
dait, au contraire, que la Convention rappelât dans \
son sein plusieurs des détenus du 2 juin, « plutôt i
trompés que coupables », et il concluait à ce que le j
nombre des députés proscrits fût réduit à quatorze 2. \
M. Thiers est donc loin de compte, lorsqu'il dit que \
le rapport de Saint-Just était dirigé contre les vingt- \
deux, contre les douze et contre les soixante-treize, j
c'est-à-dire contre cent sept députés; il était dirigé ; contre quatorze seulement ! — M. Thiers commet une autre erreur, quand il écrit que la protestation des
soixante-treize (lesquels étaient soixante-quinze) était j
très connue. La vérité est, au contraire, que cette j
protestation n'avait reçu aucune publicité, que ses ■
auteurs avaient fait autour d'elle la nuit et le silence, ;
si bien qu'ils ont pu dire, au mois de septembre 1794 : \
« Nous ne l'avons pas cette pièce; aucun de nous \
n'en a conservé la copie; jamais elle n'a eu aucune !
1. Histoire de la Révolution française, par M. A. Thiers, ! IV, p. 318. \