‹ La légende des GirondinsChapitre 221 sur 274 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

la salle furent fermées et que des factionnaires furent placés à toutes les issues ; cette mesure avait été prise plusieurs heures auparavant, sur la demande d'Amar, faite par ce dernier avant de commencer la lecture de son rapport. — Signalons enfin une dernière erreur de M. Thiers, et non la moins grossière. « Les vingt-deux et les douze, dit-il, furent envoyés au tribunal révolutionnaire. » Des vingt-deux proscrits, mis en état d'arrestation le 2 juin, dix seulement furent traduits, le 3 octobre, devant le tribunal révolutionnaire. C'étaient Brissot, Vergniaud, Gensonné, Guadet, Lasource, Chambon, Grangeneuve, Valazé, Lidon et Lehardy. Des membres de la Commission des douze, cinq seulement furent renvoyés devant le tribunal, MoUevaut, Gardien, Viger, Boilleau et Boyer-Fonfrède. M. Thiers se trompe également sur le chiffre total des députés proscrits dans la séance du 3 octobre, chiffre qui n'aurait été, d'après lui, que de cent sept, tandis qu'il fut en réalité, comme nous l'avons vu, de cent vingt-neuf !

Si nous avons relevé ces inexactitudes, — dix en une demi-page, — ce n'est pas pour le futile plaisir de prendre en faute le plus célèbre des historiens de la Révolution ; c'est parce qu'il nous a paru bon de montrer, par un exemple, à quel point l'écrivain qui a le plus contribué à accréditer la légende des Girondins avait peu de souci de la vérité. Ce n'est pas un royaliste, c'est un révolutionnaire, M. Ernest Hamel, l'auteur de V Histoire de Robespierre, qui a dit : « Il est bon de faire remarquer que cette histoire de M. Thiers, dédaignée ajuste titre de toutes les personnes qui ont étudié la Révolution, n'est trop souvent qu'une paraphrase, plus ou moins adroite, des Mémoires de Mme Roland et des autres Mémoires de la collection Barrière et Berville i. »

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