Lamartine, Histoire des Girondins, t. VII, p
LA LKGKiNDE DES GIRONDINS SSt
Comment douter de la vérité du tableau ? M. de Lamartine a vu, de ses pr-opres yeux vu, ces inscriptions admirables ! Il a touché du doigt celle qui est écrite, avec du sang, de la main de Verf/niaud ! M. Michelet, lui aussi, a vu, à moins pourtant qu'il ne se soit contenté de copier Lamartine.
On voit encore aux Carmes, écrit-il, les trois ou quatre greniers qu'y occupèrent les Girondins. Les murs sont couverts d'inscriptions. Pas une n'est chrétienne. Le mot Dieu n'y est
qu'une fois. Toutes respirent le sentiment de l'héroïsme antique, le génie stoïcien. Celle-ci est de Vergniaud :
Potius mori quant fœdari.
La mort ! et non le crime ! «
La tradition dont se sont inspirés ici M. Michelet, et avant lui M. de Lamartine, est complètement erronée. Ni Vergniaud, ni Fauchet, ni aucun des Girondins traduits devant le tribunal révolutionnaire, n'a été, à aucun moment, emprisonné aux Carmes. M. Granier de Cassagnac, dans son Histoire des Girondins et des tnassacres de septembr-e, a tracé l'itinéraire des vingt et un à travers les prisons de Paris ; et il l'a fait d'après des témoins qui ne trompent pas, d'après les registres d'écrou.
Ducos, Boyer-Fonfrède, Lacaze, Boilleau et Viger ont été écroués directement à la Conciergerie le 6 octobre ; Duchatel y a aussi été écroué directement le 16.
Brissot, arrêté à Moulins le 10 juin, fut écroué à l'Abbaye le 23 du même mois, et transféré à la Conciergerie le 6 octobre.
Fauchet et Lauze-Duperret furent écroués à l'Abbaye le 14 juillet, et transférés à la Conciergerie le G octobre.
^'ergniaud et Dufriche-Valazé furent écroués au