‹ La légende des GirondinsChapitre 233 sur 274 · Voy. ci-dessus, page · texte numérisé non relu

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litière de son honneur dans l'espoir de sauver sa tête !

lia de même, il faut bien se résigner à le dire, manqué de dignité et de courage dans ses explications sur son rôle au 10 août.

Quand Vergniaud, dans la journée du 10 août, monta à la tribune pour proposer, au nom de la Commission extraordinaire des vingt et un, la suspension du chef du pouvoir exécutif, il prononça, d'une voix altérée par l'émotion 4, les paroles suivantes : « Je viens, au nom de la Commission extraordinaire, vous présenter une mesure bien rigoureuse, mais je m'en rapporte à la douleur dont vous êtes pénétrés, pour juger combien il importe au salut de la patrie que vous l'adoptiez sur-le-champ. » Cette émotion éprouvée par l'orateur de la Gironde en présence de la chute du trône le plus auguste de l'univers et devant la plus tragique des infortunes, Chaumette lui en fit un crime devant le tribunal révolutionnaire. « Je reproche à Vergniaud, dit-il, le projet de décret qu'il présenta pour la déchéance, dans lequel il affecta la douleur la plus profonde de voir tomber un trône pourri par le crime. » Au lieu de répondre par le dédain à cette misérable accusation, au lieu de s'honorer des pleurs qu'il avait versés, de ces nobles larmes — decorœ laciijmœ — qui devant la post.'riti auraient peut-être lavé ses fautes, Vergniaud jure ses grands dieux qu'il a vu d'un œil sec les malheurs de Louis XVI ; que la douleur dont il était pénétré n'avait d'autre cause que les malheurs du peuple et les massacres dont ce peuple infortuné était la victime 2. — Qui donc ignore, en effet, que c'est le peuple qui a été 'massacré au 10 août? — Plus affligeante encore fut la réponse de Vergniaud à un autre grief de Chaumette, lui reprochant « d'avoir laissé

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