Procès de Brissot, p
Girondins 26
décréter, dans la séance même du 10 août, qu'il serait nommé, dans le jour, un gouverneur au prince royal. » Il entreprit de se justifier en affirmant que là encore il avait agi avec une arrière-pensée, et que son but n'était rien moins que de faire du fils de Louis XVI un otage entre les mains du peuple. « Lorsque je rédigeais cet article, dit-il, le combat n'était pas fini, la victoire pouvait favoriser le despotisme, et dans ce cas le tyran n'aurait pas manqué de faire faire le procès aux patriotes ; c'est au milieu de ces incertitudes que je proposai de donner un gouverneur au fils de Capet, afin de laisser entre les mains du peuple un otage qui lui serait devenu très utile, dans le cas où il aurait été vaincu par la tyrannie. » — « Le motif allégué par l'accusé, répliqua Fouquier-Tinville, ne paraît pas le véritable: car si le tyran etît été victorieux, il se serait peu soucié que son fils eût eu un gouverneur ou non ; cela n'aurait pas empêché de poursuivre les patriotes. » Et devant cette simple observation de bon sens, Vergniaud resta sans réponse.
A l'exemple de Vergniaud, ses coaccusés ont désavoué ce qu'il pouvait y avoir eu d'honorable dans leur carrière. Lesterpt-Bëauvais, dans le procès du roi, a voté la mort avec sursis jusqu'au cas où l'ennemi envahirait les frontières ; et en cas de paix, jusqu'à ce que la Convention le juge nécessaire. Sur la question : Y aura-t-il sursis, oui ou non, à l'exécution du décret qui condamne Louis Capet ? Il a voté : Oui. Or, devant le tribunal révolutionnaire lorsque le président Herm an lui demande -.Quelle a été votre opinion devant le procès du ci-devant roi? — La mort, et non l'appel, a-t-il répondu. De son vote en faveur du sursis, des conditions dont il avait accompagné son vote pour la mort, il s'est bien gardé de rien dire l.