Procès de Brissot, p
Rien de plus pénible, à coup sûr, que la tâche dont nous nous acquittons en ce moment, rien de plus ingrat. Peut-être niénie quelques-uns de nos lecteurs estimeront-ils que c'est manquer à un devoir sacr^, devoir de pitii et de mis ricorde, que de mettre ainsi à nu les faiblesses de ces accusJs, poursuivis par des ennemis implacables et condamnés d'avance à l'échalaud. Nous comprenons ce sentiment pour l'avoir éprouvé nous-même, mais il nous a paru que nous ne devions pas le prendre ici pour guide. Des hommes innocents, des vieillards, des femmes, des jeunes filles ont été traduits par milliers devant les tribunaux révolutionnaires à Paris et dans les départements. Tous, même les vieillards, même les jeunes filles, ont fait preuve du plus admirable courage. Aucun ne faiblit, aucun ne cherche à défendre sa vie par des mensonges ou de lâches réticences. Et pour tant de nobles et généreux martyrs, pour leur innocence et leur héroïsme, l'histoire n'a pas une ligne; elle détourne la tête et elle passe : elle n'a pas le temps. Ne faut-il pas qu'elle s'arrête longuement devant les Girondins, devant Vergniaud et Gensonn S devant Brissot et Valazé ? Et si nous nous arrêtons, à notre tour, devant eux, si nous retraçons leur procès, nous n'aurons pas le droit de dii^e qu'ils n'ont même pas eu ce courage, qui n'avait encore fait défaut à aucun de ceux qui les avaient précM?s devant le tribunal de Fouquier-Tinville ! Parce qu'ils sont éloquents, parce que leurs gestes sont beaux et leur voix éclatante, parce qu'ils sont jeunes et qu'ils vont mourir, nous devrons oublier qu'ils sont coupables et que ces coupables, en face de leurs juges, ont manqué de cœur ! Nous tenons, au centralise, que c'est un devoir de ne point jeter un voile sur leurs défaillances : dans le spectacle de ces hommes qui, pour avoir vécu sans vertus, sont tombés sans grandeur, il y a une le^on qu'il importe de ne point perdre.
Suivons-les donc quelques instants encore ; voyonsles s'accorder à rejeter sur leurs amis absents les responsabilités les plus lourdes, sur leurs amis qui se cachent, qui seront découverts demain peut-être, et contre lesquels on s'armera, pour les traîner à l'échafaud, de ces lâches d monciations.
A la suite de la déposition de Pache, Brissot et Gensonnô « déclarent qu'ils blâmèrent l'emportement qu'on a montré, et principalement Guadet, à l'égard du maire de Paris l. »
Dutriche-Valazé (Jinonce Valady. Le timoin Chaumette avait dit dans sa diposition : « Il parut une afilche rouge à Paris, dans un moment où cette ville éprouvait quelques difflcultis dans son approvisionnement. On invitait, dans cette alliche, à massacrer les Jacobins et les Cordeliers pour avoir du pain. L'auteur de ce placard adressé aux lionnètes gens fut longtemps inconnu. Enfin un otïicier de paix crut reconnaître qu'il était de Valazé ou de Valady. son complice. Je ne puis pas allirmer lequel des deux en était véritablement l'auteur.» Valazi atlirme être resti complètement étranger à la publication de cette afilche, et il ajoute que Valady en était l'auteur 2.
Lasource dénonce Isnard. « Chabot, dit-il, vient de me reprocher d'avoir, dans la réunion qui avait lieu rued'Argenteuil, demandé le décret d'accusation contre Robespierre et Anthoine. Il s'est trompé ; je ne me rappelle pas si j'ai appuyé cette proposition, mais elle fut faite par Isnard 3. »