‹ La légende des GirondinsChapitre 241 sur 274 · Révolutions de Paris, n. 213, p · texte numérisé non relu

Révolutions de Paris, n. 213, p

De son côté, Vilate s'exprime ainsi, dans sa brochure les Mystères de la Mèt-e de Diea démilés, publiée longtemps après le procès des vingt et un, en l'an III : « On remarquait, en général, la sérénité et le calme chez les autres condamnés ; tous sortirent sans avoir fini d'entendre le jugement; quelques-uns d'eux jetant, comme on sait, des assignats au peuple qui murmure i. » Il ressort de ce récit, s'il doit être accepté, que les condamnés, en jetant des assignats au peuple, n'ont pas crié : A nous, amis ! qu'ils sont restés parfaitement calmes et n'ont aucunement cherché à soulever le peuple en leur faveur, puisqu'ils sont tous sortis sans attendre la fin du prononcé du jugement. Le récit de Vilate contredit donc, sur un point essentiel, celui de M. Louis Blanc. Reste le compte rendu officiel du procès, sur lequel ce dernier s'appuie également. M. Louis Blanc n'aurait-il point, par hasard, pris pour le compte rendu officiel celui du Bulletin du tribunal révolutionnaire, qui raconte en effet la scène dans les mêmes termes que les Révolutions de Paris? Le Bulletin du tribunal réwlutionnaire, rédigé par Clément, n'avait aucun caractère officiel; il ne doit, d'ailleurs, être consulté qu'avec précaution, au moins pour la dernière audience ; car, dénoncé à la société des Jacobins par Hébert, qui lui reprocha de pren^lre parti pour les accusés 2, Clément pourrait bien avoir travesti, à leur détriment, les derniers incidents du procès, afin de rentrer en grâce auprès de la terrible société. Quant au vrai procès-verbal officiel, conservé aux Archives nationales, carton W 292, dossier 204, il est muet sur cette circonstance des assignats jetés au peuple par les Girondins : aurait-il omis de la relever à la charge des condamnés, si elle s'était réellement produite ?

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