‹ La légende des GirondinsChapitre 246 sur 274 · T. IV, p · texte numérisé non relu

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LA LÉGENDE DES GmONDINS 417

bleau : nul n'a plus contribué que l'auteur de Trilby et de la Fée aux miettes à populariser la légende du dernier banquet des Giromlins i. M. de Lamartine a répandu à son tour sur ce sujet les couleurs de son incomparable palette; il nous lait assister avec lui à ce souper funéraire ; nous entendons les saillies piquantes de Ducos et les éloquentes paroles de Vergniaud; sur la table de chêne de la prison, nous voyons se dresser « les mets recherchés, les vins rares, les fleurs chères, les flambeaux nombreux 2. » Si M. Michelet est plus sobre de détails, il nous apprend cependant lui aussi « qu'un repas soigné, délicat, avait été envoyé par un ami pour le dernier banquet 3, » Cet ami, que M. Michelet ne nomme pas, mais dont M. de Lamartine et Charles Nodier ont bien voulu nous révéler le nom, était le député Bailleul, collègue des Girondins à l'Assemblée, leur complice d'opinion, proscrit comme eux, mais échappé à la proscription et caché dans Paris 4». Le d puté Bailleul avait si peu échappé à la proscription, que, depuis le 9 octobre, il était renfermé à la Conciergerie avec les Girondins, et c'est même à l'occasion de son arrestation à Provins que Ducos composa le potpourri célèbre :

Un jour de cet automne De Provins revenant...

Bailleul ne recouvra la liberté que le 8 août 1794. Il n'était donc guère en situation, au 30 octobre 1793, de faire parvenir à ses amis, du fond de son cachot, des Xiins rares, des mets recherchés exa.es fleurs chères. M. Granier de Cassagnac a donna le texte de l'écrou de

1. Charles Nodier, Œuvres complètes, t. XI : le Dernier Banquet des Girondins .

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