‹ La légende des GirondinsChapitre 249 sur 274 · Révolutions de Paris, n. 213, p · texte numérisé non relu

Révolutions de Paris, n. 213, p

4. « Depuis 1766, à l'exécution de Lally, et 1777, à l'exécution de Desrues, on n'avait vu une foule si immense de spectateurs » {Procès de Brissot et de vingt et un députés ses complices, p. 80).

charrettes suivirent l'itinéraire habituel; elles traversèrent le quai jusqu'au pont Neuf, la place des Trois-Maries, la rue de la Monnoie, la rue du Roule, la rue Saint-Honoré ; arrivées à l'entrée du faubourg, elles tournèrent par la rue Nationale, et s'arrêtèrent au pied de l'échafaud dressé entre le Garde-Meuble et le piédestal de la statue de Louis XV. Sur tout le parcours, des milliers de voix ne cessèrent de crier : Vive la république ! A bas les traîtres !

A l'exception de Carra, qui paraissait frappé de stupeur i, tous les condamnés avaient une attitude pleine de fermeté. Brissot et Fauchet semblaient abîmés dans leurs pensées ; les autres, même le malheureux Boilleau, si faible durant le procès, promenaient sur la foule des regards où se lisaient le dédain, l'indignation, le courage. Aux misérables qui hurlaient : Vive la république ! ils répondaient : Vive la république louais vous ne l'aurez pas 2/ Duchatel, dont la jeune et mâle figure respirait une fierté intrépide, jeta à ses insulteurs cette parole de méprisante pitié : Pauvres Parisiens, nous vous laissons entre les mains de gens qui vous feront payer cher votre plaisir d'aujourd'hui.

Le funèbre cortège avait mis une heure à faire le trajet de la Conciergerie à la place de la Révolution. On rangea les condamn 'S devant la guillotine. Boyer- Fonfrède et Ducos étaient dans la dernière charrette; au moment de descendre, ils s'embrassèrent, et leurs amis suivirent cet exemple. Cette scène touchante, au lieu d'attendrir les spectateurs qui remplissaient la place et les Champs-Elysies. redoubla au contraire leur rage, et les cris : A bas les traîtres l éclatèrent plus furieux. Cependant l'un des condamnés était

1. Le Spectateur nocturne, par Rétif de la Bretonne, t. VIII, p. 564. — 1794.

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