‹ La légende des GirondinsChapitre 252 sur 274 · Moniteur du 7 octobre · texte numérisé non relu

Moniteur du 7 octobre

2. « Ce fut le 18 brumaire an II, dit M. Sainte-Beuve {Xoiiveaux Lundis, VIII, 256), que Mme Roland passa au tribunal révolutionnaire et qu'elle fut condamnée et exécutée. Et ici, je demanderai à MM. les éditeurs et biographes de vouloir bien se mettre d'accord. M. Dauban la fait mourir le 8 novembre 1793; M. Faugère la fait mourir le 10; mais il me semble, en co nptant bien, que le 18 brumaire correspond au 9 novembre. » M. Sainte-Beuve, d'ordinaire si exact, mais peu familiarisé avec le calendrier républicain, s'est trompé. Le 18 brumaire an II correspondait au 8 novembre 1793. L'erreur de M. Sainte-Beuve est venue de ce qu'il ne connaissait guère, en fait de J8 brumaire, que celui de Bonaparte, le 18 brumaire an VIII, qui répond en effet au 9 novembre 1799.

demi mort de frayeur; elle le réconforta, ranima ses esprits par de bonnes paroles, sut même ramener sur ses lèvres un dernier sourire. Arrivée sur la place de la Révolution, lorsque du haut de la guillotine, ses yeux rencontrèrent la statue de la Liberté, élevée pour la fête du 10 août précédent, elle s'écria : « 0 Liberté, comme on t'a jouée i ! » Jeté à la face de la Montagne, le mot était vrai. L'eût-il été moins, adressé à la Gironde?

Cussy, député du Calvados, mis hors la loi par le décret du 28 juillet, comparut devant le tribunal révolutionnaire et fut guillotiné le 25 brumaire an II (15 novembre 1793).

Le 30 brumaire (20 novembre 1793) vit périr Chambon (de la Corrèze), l'un des proscrits du 2 juin, mis hors la loi comme son collègue Cussy. Découvert dans l'asile où il s'était réfugié, à Lubersac, son pays natal, assailli par les patriotes, il jette ses armes et découvrant sa poitrine : « Je pourrais, dit-il, vendre chèrement ma vie; je ne veux pas répandre le sang de mes concitoyens. » Il aperçoit un homme qui lui avait été attaché ; il s'adresse à lui : « Que le meilleur de mes amis, dit-il, tire le premier. » Quelques coups de fusil, bientôt suivis par une explosion générale, partent des rangs de la foule : Chambon tombe, criblé de ble^jsures 2.

Kei'saint, députa de Seine-et-Oise, démissionnaire depuis le 20 janvier 1793, avait été arrêté le 2 octobre. Il comparut devant le tribunal révolutionnaire, le 14 frimaire an II (4 décembre 1793) et fut envoyé à l'échaïaud.

Izarn de Valady, député de l'Aveyron, mis hors la loi le 28 juillet, fut arrêté à Périgueux, condamné

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