Histoire du barreau de Bordeaux, par M. Chsuvot
Le jour même de l'arresiation de Salle et de Giiadet, le 29 prairial, Barbaroux, caché comme eux à Saint-Emilion, quitta la ville où il allait infailliblement être découvert, et gagna la campagne, en compagnie de Buzot et de Petion. Le lendemain, au point du jour, les trois proscrits, parvenus sur le territoire de la commune de Saint-Magne-de-Castillon, sont aperçus par quelques citoyens, qui s'approchent d'eux pour les épier. Ils prennent l'alarme et s'enfuient. Petion et Buzot parviennent à gagner un petit bois de pins et disparaissent dans le fourré, tandis que Barbaroux, chargé d'embonpoint et ne pouvant les suivre, s'arrête dans une pièce de blo et se tire un coup de pistolet dans l'oreille droite l. Horriblement mutilé, mais vivant encore, il fut traîné à Bordeaux et exécuti le 7 messidor an II (25 juin 1794).
Barbaroux clôt la liste des Girondins qui montèrent sur l'échafaud ; mais à cette liste il faut joindre celle des membres de la Gironde qui, pour échapper à la guillotine, se sont donné eux-mêmes la mort.
Trois jours après l'exécution dés vingt et un, le 13 brumaire an II (3 novembre 1793), Lidon, député de la Corrèze, voit la maison dans laquelle il avait trouvé un asile, au village de la Géronie, dans le district de Brives, investie par les gendarmes. Il avait été trahi par son hôte, administrateur du département : « Lidon, dit Louvet dans ses Mémoires, se défendit jusqu'à la dernière extrémité : après avoir tué trois gendarmes, il se tua 2. » M. Granier de Cassagnac a reproduit le récit de Louvet ; mais des documents officiels, publiés par M. le comte de Seilhac,
1. Procès-verbal dressé par les sieurs Lage et Oré aîné, commissaires nommés et requis par le citoyen Julien, envoyé à Bordeaux par le Comité de salut public. — Ch. Vatel, Charlotte de Corday et les Girondins, t. II, p. 135.