‹ La légende des GirondinsChapitre 256 sur 274 · Notices historiques sur la Révolution dans le départe · texte numérisé non relu

Notices historiques sur la Révolution dans le départe

trine, il marque la place où il doit se frapper. Il presse une dernière fois la main de Riouffe, lui rappelle ces vers de Voltaire :

Les criminels tremblants sont traînés au supplice, Les mortels généreux disposent de leur sort;

et il se retire au premier étage, dans la chambre des Douze, où il habitait. Quand on y entra quelques instants après, on le trouva rendant le dernier soupir. Un couteau dit à la d'Estaiag, à manche d'ivoire avec garniture d'argent, était ouvert à coté de lui; cinq pouces de la lame étaient teints de sang i.

Le 7 germinal an II (27 mars 1794), Condorcet, après avoir passé la nuit dans les bois de Verrières, entra dans une auberge de Clamart et demanda une omelette qu'il mangea avec avidité. Un maçon, membre du comité révolutionnaire, frappé du contraste de sa tenue misérable avec la finesse de son linge et la blancheur de ses mains, lui demande qui il est, d'où il vient, où il va. Condorcet répond qu'il s'appelle Pierre Simon, natif de Ribemont, district de Saint- Quentin, et qu'il est un ancien domestique de M. du Séjour, ci-devant conseiller à la cour des aides. « Je crois plutôt, dit le maçon, que tu es un de ceux qui avaient des domestiques. Où sont tes papiers ?» Il n'en avait pas ; les gens de l'auberge le conduisirent devant le comité de surveillance de la commune; on le fouille et on trouve dans sa poche un Horace relié en maroquin, qu'il avait emprunté la veille à M. Suard, un livre d'Orace en latin, porte le procès-verbal de son arrestation 2. Il est enfermé dans la prison de

ment de l'Eure, par L. Boivin-Champeaux, p 519.

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