Biographie bretonne, par P. Levot, t. II, p
du 16 mars 1793, il s'éleva contre la suppression de la maison de Saint-Cyr.
C'est toujours avec douleur, dit-il, que j'entends parler de suppression des maisons d'éducation. Nous allons détruisant, détruisant sans cesse ; et nous n'édifions jamais. .. Je demande l'ajournement et l'impression, ou, s'ils ne sont pas décrétés, j'invoque la question préalable sur le projet de décret *.
De telles paroles n'étaient pas pour avoir de l'écho parmi les Girondins; pas un seul ne soutint sa motion. Le 19 mai 1793, il apuya avec chaleur la pétition des pères et mères des Orléanais emprisonnés par ordre de Léonard Bourdon. Traité de royaliste par les énergumènes des tribunes, il leur jeta cette fière réponse : « Vous avez tellement prostitué les noms de royalistes et de contre-révolutionnaires, qu'ils sont devenus synonymes de ceux d'amis des lois et de l'ordre 2. »
Aux noms de Duchatel et de Lehardy il convient d'ajouter celui de Viger. Il montra sans doute quelques faiblesses devant le tribunal révolutionnaire ; mais comment oublier qu'étranger, lui aussi, à l'Assemblée législative, il n'était entré à la Convention que le 26 avril 1793, en remplacement d'un député démissionnaire de Maine-et-Loire, M. d'Houlières 3 ? Décrété d'arrestation le 2 juin, il n'avait donc siégé que pendant un mois, et, pendant ce peu de jours, il avait tenu la conduite la plus honorable.
Gardons-nous d'ailleurs de méconnaître à quel point les circonstances étaient difficiles, et que nul ne se pouvait flatter, au milieu de la mêlée ardente des partis et de la fumée du combat, de suivre, sans s'en