‹ La légende des GirondinsChapitre 30 sur 274 · Moniteur, n» du 1er décembre · texte numérisé non relu

Moniteur, n» du 1er décembre

cré à l'Abbaye le 2 septembre ; M. deLessart, Etienne Larivière et le duc de Brissac seront égorgés à Versailles le 9 septembre ; Barnave et Dupoit du Tertre seront guillotinés le 28 novembre 1793. Seuls, Duportail, Tarbé, Bertrand de Moleville et Alexandre de Lametli parviendront à se soustraire par la fuite aux conséquences du décret de mort lancé contre eux par Brissut et par ses amis.

Si ardente que fût la haine des Girondins à l'endroit de la cour et des ministres constitutionnels, plus violente encore était celle qu'ils éprouvaient pour les prêtres. Condorcet, le philosophe et le théoricien du parti, était, suivant l'expression de Sainte-Beuve, « fanatique d'irréligion et atteint d'une sorte d'hydrophobie sur ce point l ». — Parlant des prêtres qui avaient refusé le serment, Fauchet disait, dans la séance du 26 octobre 1791 : « En comparaison de ces prêtres, les athées sont des anges 2 ». — Le 26 mars 1792, à la Société des Jacobins, Robespierre donna lecture d'un projet d'adresse dans lequel, à l'occasion de la mort de l'empereur d'Allemagne, Léopold II, frère de la reine Marie-Antoinette, il invoquait le nom de la Providence : « Sans le courage inébranlable des citoyens, disait-il, sans la patience invincible et le sublime caractère du peuple, il était permis à l'homme le plus ferme de désespérer du salut public, lorsque la Providence, qui veille toujours sur nous beaucoup Mieux que notre propre sagesse, en frappant Léopold, parut déconcerter pendant quelque temps les projets de nos ennemis ». Un des principaux membres

1. Causeries du lundi, t. III, p. 261, article sur Condorcet^

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