‹ La légende des GirondinsChapitre 33 sur 274 · Moniteur, n» du 16 avril · texte numérisé non relu

Moniteur, n» du 16 avril

Le 23 avril, il adresse à l'Assemblée législative un rapport sur les arrêtés pris par un certain nombre de départements contre les prêtres insermentés. Ces arrêtés sont contraires à la constitution ; le ministre le reconnait, mais en même temps il demande à l'Assemblée de « décréter une mesure efficace pour anéantir dans leur principe les divisions intestines qui déchirent la nation, et la discorde dont le fanatisme s'est fait un jeu crael ». — Cette mesure efficace ne peut être, suivant le député Merlin, que la déportation. « Je demande », dit -il, «que tous les prêtres perturbateurs soient chargés sur des vaisseaux et envoyés en Amérique ». Yergniaud s'élance à son tour à la tribune : « Je demanderai, s"écrie-t-il, non pas que l'on charge les vaisseaux de prêtres, mais que le comité des Douze nous développe, dans son rapport sur le mémoire du" ministre de l'intérieur, le principe de la déportation, afin que l'on sache dans quelles circonstances il est permis à une nation de rejeter de son sein ceux qui n'y restent que pour le déchirer i ».

Roland écrit de nouveau, le 9 mal, à l'Assemblée nationale pour la presser de mettre « les prêtres réfractaires, qui agitent les faibles et les ignorants », dans l'impossibilité de nuire. Il annonce que cent cinquante citoyens partant de Toulouse pour se rendre aux frontières, se sont écriés avant de s'éloigner : « Epargnez-nous le malheur d'avoir à combattre nos concitoyens trompés et séduits, et nous vous répondons des despotes conjurés contre notre patrie. » Il se joint à eux pour demander que l'on prenne enfin contre les prêtres insermentés une mesure décisive 2.

Le vœu de Roland n'allait pas tarder à être rempli. Déjà un décret, rendu par l'Assemblée législative le 29 novembre 1791, avait déclaré déchus de tous

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