‹ La légende des GirondinsChapitre 35 sur 274 · Ibid., n. du 20 mars · texte numérisé non relu

Ibid., n. du 20 mars

quille et médite de nouveaux forfaits, Bouille dont l'existence est une objection contre la justice éternelle i ! » Quant à Brissot, il était juste qu'après avoir défendu, en 1789, les coupe-têtes de Versailles, il défendit, en 1792, les coupe-têtes d'Avignon : aussi écrivait-il, dans le Patriote français, ces lignes odieuses : « Les crimes inséparables d'une révolurtion ont toujours un objet d'intérêt public. Alors c'est la société presque entière, ou du moins une grande partie de la société, qui punit violemment quelques individus qui opposent une résistance criminelle à la volonté générale. »

Les Girondins avaient amnistié le plus horrible des massacres : la logique voulait qu'ils glorifiassent la révolte dans ce qu'elle a de plus criminel, la révolte du soldat contre la loi. Le 15 avril 1792, lorsque les Suisses de Chùteauvieux, sortant du bagne de Brest, font dans Paris cette entrée triomphale que M. Mortimer-Ternaux a si justement signalée comme la première étape de la Terreur, Briseot est là, à côté de Tallien, Vergniaud à côté de Collot d'Herbois ! Brissot célèbre dans son journal avec enthousiasme cette fête de l'indiscipline et de la révolte, que les démagogues ne rougissent pas d'appeler la fête de la liberté ! « La fête de la liberté », s'écrie-t-il, « a été ravissante !... Le peuple la voulait ; quelques aristocrates s'y opposaient. Elle a été célébrée : c'est un nouveau triomphe 2! » — Quant à Vergniaud, c'est lui qui a eu l'honneur de recevoir les soldats de Chàteauvieux à leur arrivée dans la capitale. C'était le soir du 9 avril. Les patriotes étaient réunis dans la salle des Jacobins. Vergniaud était au fauteuil 3. Une députa- :ion de la Société des Jacobins de Versailles est intro-

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