‹ La légende des GirondinsChapitre 37 sur 274 · Le Patriote français · texte numérisé non relu

Le Patriote français

raient en revue devant r Assemblée nationale, elle vei'rait en eux de fiers soutiens de ses décrets et la chute du VETO i ». Cette citoyenne traçait ainsi, dès le 5 février, le programme de la journée du 20 juin, qui fut faite par les porteurs de piques, aux cris de : A bas M. Veto ! Au diable le Veto ! et qui commença par le défilé de l'émeute à travers la salle de l'Assemblée nationale. Ce n'est pas à elle cependant, c'est à une autre citoyenne, à Mme Roland qu'appartient l'honneur d'avoir préparé cette journée, l'une des plus odieuses de la révolution. Nous avons sur ce point le témoignage de l'un des hommes les mieux placés pour connaître la vérité sur les événements de cette époque, l'administrateur de police Sergent :

Pendant que cette foule qui avait pénétré chez le roi, dit-il dans sa Xotice historique sur le 20 juin, se grossissait de tous les curieux dont Paris abonde, l'ex-ministre Clavière 2 était dans le Carroussel, excitant les citoyens à entrer dans le château pour demander le rappel des bons ministres. Ce fut là le mot d'ordre. La chose avait été conçue, combinée dans le salon de Mme Roland; les moteurs, connus de quelques-uns, furent Roland, Clavière (on ne me parla point de Servan), que le roi avait renvoyés peu avant ; parmi les députés admis au complot mystérieux, on me signala Brissot, Gensonné, Guadet : quelques autres, moinsconnus, furent chargés des rôles d'exciteurs. Un certain engouement pour la proi)ité réelle de Roland servit le projet proposé par les députés, par Clavière et Mme Roland, plus ministre que son mari ^

Le soir du 20 juin, quand elle connut tous les détails de l'envahissement du château, et de quelles angoisses, de quelles douleurs et de quelles hontes avait

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