‹ La légende des GirondinsChapitre 56 sur 274 · Mercier, loc. cit · texte numérisé non relu

Mercier, loc. cit

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lutte, que de crimes abominables ! Dès le matin, Man- : dat, commandant général de la garde nationale, avait l été tué, sur les marches du grand escalier de l'Hôtel j de Ville, d'un coup de pistolet tiré à bout portant, et '*■ son corps avait été jeté dans la Seine, malgré les lar- j mes de son lils qui le demandait pour lui donner la j sépulture i. Quelques heures plus tard, au corps de l garde du passage des Feuillants 2, un pauvre diable ^ d'auteur dramatique, nommé l'abbé Bouyon, deux^ anciens gardes du roi, M. de Solminiac et M. de Vi- \ gier, et cinq autres victimes, furent égorgés par la \ populace que dirigeait Théroigne de Méricourt. C'est ] également là que fut haché à coups de sabre et de pi- ; que François Suleau, l'un des plus courageux écri- J vains de la presse royaliste. Les neuf cadavres furent :\ portés sur la place Vendôme, et leurs têtes coupées, i mises sur des piques, furent promenées dans les rues | de Paris 3. i

Dans la soirée, sur les trois heures, M. Carie, pre- i mier Lieutenant-colonel de la gendarmerie à pied, '■ qui avait déployé le plus noble courage au 20 juin, et ; qui, depuis que la famille royale était enfermée dans \ la loge du logograplie, veillait à la sûreté du roi, fut \ appelé au dehors de la salle. A peine était-il descendu ^ dans la cour des Feuillants, que deux coups de fusil ; furent tirés sur lui à bout portant. N'ayant pas été •; atteint, il mit l'épée à la main et se fit jour jusqu'à la ^ rue Saint-Honoré, où il fut massacré ^. ]

Le marquis de Broves, ancien membre de rAssem- \

i. La fille de Mandat, Mme Thomassin, condamnée à mort comme conspiratrice par le tribunal révolutionnaire, fut guillotinée le 12 mai 1794.

2. Ce corps de garde était situé à peu près à l'endroit où la rue du Mont-Tlial)or traverse la rue Castigiione.

3. Peltier, o^j. cit., p. 104. —François Suleau, par M. Auguste Vitu.

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