‹ La légende des GirondinsChapitre 57 sur 274 · Peltier, p · texte numérisé non relu

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blée constituante, fut tué devant Saint-Roch ; M. d'Hallonville, sous-gouverneur du prince royal, fut tué sur la terrasse du Dauphin; M. d'Herniigny, colonel de la gendarmerie, fut assassiné sur la place de l'Hùtel-de- Vllle. Un homme qui s'était fait remarquer, au début de la révolution, par l'éclat de son talent et par l'ardeur avec laquelle il avait embrassé la cause des réformes, Stanislas de Clermont-Tonnerre, fut égorgé par la populace et mis en pièces. Plusieurs personnes, vêtues par hasard en rouge, furent massacrées par le IDeuple, qui, dans sa rage aveugle, les prenait pour des Suisses. Ainsi périt l'architecte Melan, à qui l'on devait le bâtiment de la Redoute chinoise et celui du Vauxhall d'été i. Deux fédérés bretons, — leur uniforme était rouge, — partagèrent le sort du malheureux Melan.

Devant ces crimes hideux qui s'accomplissent à ses portes et presque sous ses yeux, l'Assemblée législative, où la Gironde exerce à ce moment un empire absolu, demeure impassible. « En ce jour, dit l'auteur du Nouceaa Pai-is, que nous citons d'autant plus volontiers qu'il était ouvertement révolutionnaire, l'anarchie fit le premier essai de son effroyable toutejuissance et préluda aux massacres de septembre. I-'Assemblée législative pouvait se couvrir d'une gloire immortelle et mériter le titre de fondatrice de la liberté républicaine ; au contraire, elle ne montra, dans le moment d'un si beau triomphe sur la tyrannie royale, ni sagesse, ni dignité, ni courage. Elle ne s<i présenta point aux assassins, aux brigands, aux démolisseurs. Elle laissa abuser de la victoire une portion de scélérats, qui, dans la frénésie de l'ivresse, se crut seule la tète, le cœur et le bras de toute la France 2. »

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