‹ La légende des GirondinsChapitre 79 sur 274 · Le 9 novembre · texte numérisé non relu

Le 9 novembre

que celles qui placeront la tribune à l'extrémité du côté gauche, le bureau du président au milieu du côté droit à peu près, de telle manière que la salle sera raccourcie, et que le président et l'orateur, au lieu d'être placés vis-à-vis l'un de l'autre dans la largeur et au milieu, seront dans la même position respectivement, mais aux deux bouts de la salle, diminuée dans sa longueur. Puisse ce rapprochement nécessaire et forcé des individus ne laisser bientôt régner qu'une seule opinion, et rallier au même objet, au désir de faire triompher la constitution et la liberté, l'immense majorité, ou plutôt la totalité des membres de l'Assemblée, qui ne peuvent être divisés que sur les moyens de succès i !

Le Patriote français de Brissot, qui raille agréablement les illusions du Journal de Paris, constate, dans son numéro du 6 janvier 1792, que les patriotes siègent maintenant à la droite du président : « C'est une bien pauvre idée, écrivait-il, que d'imaginer faire cesser la division entre les patriotes et les modérés par un changement dans la salle de l'Assemblée nationale. La division est et sera durable comme la Constitution, comme la société, comme l'humanité ; et le parti opposé au peuple sera toujours honni, conspué, quelque côté qu'il habite. On ne doit donc que rire de la petite espièglerie qu'on a laite aux patriotes, en plaçant le fauteuil du président où était la tribune. Ainsi les patriotes sont à droite; mais qu'importe ! la droite sera maintenant honorable. » Et dans ce même numéro, le Patriote français désignait les patriotes sous le nom de ci-devant côté droit. Le changement décidé le 27 décembre 1791 avait, en effet, été mis immédiatement à exécution, et nous lisons dans VAmi du roi du 7 janvier 1792 : « Par le bouleversement opéré dans la salle, le côté droit est devenu la gauche, et le côté gauche la droite. »

A la date du 13 mars 1792, Barbaroux, qui n'était

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