‹ La légende des GirondinsChapitre 8 sur 274 · Ibid., t. XII, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. XII, p

de l'homme. Croirait-on que l'infortuné qui écrit sous la guillotine ne s'occupe que d'une chose, sur laquelle il revient toujours, l'esclavage des noirs! Indifférent à ses fers, il ne sent peser sur lui que les fers du genre humain *.

Après leur condamnation, M. Michel et laisse un libre cours à son admiration pour ces grands cœurs qui, de leur sang, nous ont fait la patrie:

Eux, ils ne pleuraient pas, écrit-il. Un repas soigné, délicat, avait été envoyé par un ami pour le dernier banquet. — De quoi donc parlaient-ils ? — Pauvres gens, pourquoi vous le dire? Étes-vous dignes de le savoir, vous (jui pouvez le demander? Ils parlèrent de la république, de la patrie... Ils parlèrent (nous l'affirmons et le jurons au besoin) de la France sauvée par la glorieuse bataille qui la fermait à l'invasion... Fondateurs de la république, dignes de la reconnaissance du monde pour avoir voulu la croisade de 92 et la liberté pour toute la terre. . — Quand la voix grave et sainte de Vergniaud chanta la dernière, on eût cru entendre la voix défaillante de la République et de la Loi, mortellement atteintes, et qui devaient survivre peu *.

Nous ne nous arrêterons pas à relever les erreurs matérielles de l'historien: à établir que, le 31 octobre, ce ne fut pas Vergniaud qui fut exécuté le dernier, mais Viger, député de Maine-et-Loire 3 ; — que « le repas soigné, délicat, envoyé par un ami », n'est à sa place que dans les Contes de Charles Nodier ^ ; — que les Girondins n'ont jamais été enfermés aux Carmes ; — que Vergniaud notamment n'a pu écrire sur les murs de cette prison : Poilus mori quam fœdari, attendu que les registres d'écrou nous le

i. Histoire de la Révolution française, par J. Michelet, t. VI, p. 336-337.

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