‹ La légende des GirondinsChapitre 9 sur 274 · J. Michelet, t. VI, p · texte numérisé non relu

J. Michelet, t. VI, p

3. Le bulletin du tribunal révolutionnaire dit formellement: « Viger fut exécuté le dernier. »

4. Voy., dans notre douzième et dernier chapitre, la réfutation de la légende du dernier banquet des Girondins.

montrent arraché, le 20 juillet 1793. de sa maison de la rue de Clichy, n° 337, où il était en état d'arrestation depuis le 2 juin, pour être incarcéré successivement au Luxembourg, du 20 juillet au 31 du même mois ; à la Force, du 31 juillet au t) octobre, et enfin à la Conciergerie, du 0 au 31 octobre i. Notre belle devise bretonne n'a donc rien à démêler, grâce à Dieu, avec Vei^gniaud. avec l'homme qui a couvert de son éloquence les égorgetirs d'Avignon ; qui a prêté les mains au 20 juin, applaudi au 10 août, voté la mort de Louis XVI, et qui, chef de l'Assemblée législative ù Theure des massacres de septembre, n'a pas eu le courage de monter à la tribune et de dire à ses collègues : « Notre place est aux prisons, entre les bourreaux et les victimes I » Ah ! citoyen Vergniaud. c'est ce juur-là qu'il fallait dire : Potins ïnori qi'nii' firilnri: Mais ici encore nous devons nous buruer à constater que M. Miclielet. — comme M. Louis Blanc, — exalte, glorifie les Girondins.

Il est un historien de la révolution qui a précédé MM. Louis Blanc et Michelet.et qui est allé beaucoup plus loin qu'eux dans la glorification de la Terreur et dans l'apothéose de la Mijntagne. M. Tissot, professeur au Collège de France, où il avait remplacé l'abbé Delille. et membre de l'Académie française, où il a eu pour successeur Mgr Dupanloup. avait publié en 1830 une Histoire de la Réfolutioii fm, • >. écrite, non plus seulement au point de vue de 1. . pierre et de Danton, mais au point de vue des sociétés IMjpulaires. des secti(»iis et de la Commune 2. Beaufrère de Goujon, l'un des députés qui furent condam-

1. Voir également, dans notre chapitre onzième, la réfutation de la légende des Girondins à la prison des Carmes.

2. Histoire complète de la Révolution /'/y/ «mise, par P.-F. Tissot. 6 vol. in-8, 1836-1839. — L'Histoire de la Révolution, par M. Michelet, a paru de 1847 à 1853, et celle de M. Louis Blanc, de 1847 à 1862.

nés à moi-t à la suite de l'insurrection du 1"' prairial an III (20 mai 1795) ; ami du marquis de Saint-Huruge, l'un des héros des journées d'octobre; de Stanislas Maillard, qui a présidé aux massacres de l'Abbaye le 2 septembre i, et de Fournier l'Américain, qui a présidé, le 9 septembre, aux massacres de Versailles, les Girondins n'ont pas dtî trouver chez lui les mêmes complaisances que chez M. Michelet et M. Louis Blanc ! C'est pourtant ce qui s'est produit. Voici comment il a formulé sur eux son Jugement définitif: « Il faut plaindre, admiret- la Gironde; il faut honorer sa mémoire 2. »

D'où vient donc cette indulgence, cette sympathie des historiens montagnards, de ceux-là mêmes qui, dépassant la Montagne, donnent la main aux enragés 3, pour des hommes que l'on ne cesse de représenter comme des modérés? Tissot va nous le dire : « Avant le 10 août, écrit-il, les membres de la Gironde s'étaient montrés les ennuies des plus ardents jacobins 4, » Là est la vérité. Je sais bien qu'après le 10 aotît, ils se retournèrent contre leurs associés de la veille et entrèrent en lutte avec eux, pour ne pas se laisser arracher le pouvoir qu'ils venaient de conquérir. Mais cette résistance, commandée par leur intérêt personnel, peut-elle suffire à les transformer en héros du droit, en martyrs de la justice et de la liberté ? C'est là un point que nous aurons à examiner

1. Voyez la très curieuse brochure de M. Alexandre Sorel : Stanislas Maillard, Vhomme du 2 septembre 1792. Notice historique sur sa vie, otï il est démontré, entre autres cJioses, qu'il n'a jamais été huissier du Ghâtelet de Paris.

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