‹ La légende des GirondinsChapitre 81 sur 274 · Souvenirs sur Mirabeau, par Etiînne Dumont, p · texte numérisé non relu

Souvenirs sur Mirabeau, par Etiînne Dumont, p

2. Thiers, Hist. de la Révolution, t. III, p. 152, 168, 190 ; t. IV, p. 380.

« émus à la vue de cet ennemi vaincu, ils essayaient de le défendre, ils s'indignaient de la violence commise à son égard l. » Quant à M. de Lamartine, après avoir célébré la « générosité » avec laquelle les principaux orateurs de la Gironde « séparèrent l'homme du roi, la vengeance de la victoire, et firent entendre des accents dignes de la liberté 2, » il ne craint pas de dire que les Girondins sont morts « pour avoir refusé du sang au peuple, pour n'avoir pas voulu permettre ù la liberté de se souiller 3. » Les historiens mêmes qui leur sont le moins favorables semblent croire que le procès de Louis XVI a été surtout l'œuvre de la Montagne ; que c'est elle qui seule en a pris l'initiative, seule lui a imprimé la direction qui devait le conduire à un dénouement tragique ; "que le rôle des Girondins, dans ce lamentable épisode, a été seulement un rôle passif ; que leurs efforts en faveur du i^oi, pour mal conçus qu'ils aient été, n'en ont pas moins été honorables ; et que si, à la dernière heure, leur courage a défailli, c'est, la mort dans l'àme, ([u'ils ont laissé tomber de leurs lèvres le verdict fatal.

Ces indulgentes appréciations sont contredites par les faits ; ici encore la légende ne ressemble guère à l'histoire.

Que la Montagne, que Robespierre, que Marat et I>anton aient poussé de toutes leurs forces au procès de Louis XVI, cela n'est pas douteux ; mais ils ne faisaient que suivre l'exemple donné par les Girondins. Ce sont ces derniers, en effet, qui ont eu l'initiative du procès du roi. Ce procès est avant tout leur œuvre, la conséquence logique, le résultat forcé de leurs a^tes et de leurs discours.

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