Voyez notre chapitre III
2. On lit dans une très curieuse brochure publiée en l'an m, par le Girondin Dulaure : « L'Assemblée législative décréta, le 18 août 1792, qu'il serait mis à la disposition du ministre de l'intérieur (Roland) cent mille livres pour frais de correspondance et d'impression des écrits propres à éclai-
Paris, le ler septembre, quatrième de la Liberté premier de l'Egalité.
Concitoyens,
L'inviolabilité cfun seul homme s'étendait à tous les conspirateurs. Ce mot fatal, mais constitutionnel, écrit iur la porte des Tuileries, protégeait dans son enceinte les plus vils et les plus audacieux complots. Indigné de la trop manifeste insuffisance des lois, las de n'avoir que des soupçons pour défense et de se voir réduit à de vagues et irréguglières commotions, le peuple a entouré cette nouvelle Bastille ; il en a forcé l'entrée, et, sous les monceaux de morts dont il a fallu joncher ces lieux, jusque-là témoins de tant de f>erfidies, elles se sont enfin trouvées ces preuves que réclamaient, avec tant d'alTectation, des hommes faibles ou complices, et de l'existence desquelles les ardents amis de la patrie avaient eu l'heureux courage de ne jamais douter. Il ne s'agit plus seulement de soupçons ni de défiance. Des pièces écrites, arrachées de ces archives du crime, vont enfin apprendre à l'univers entier ce qu il devait penser de ces réclamations ailectées de la constitution et des lois, de ces sernients si complaisamment répétés, de ces témoignages hypocrites d'allection pour le peuple, à l'abri desquels on soudoyait des assassins, on payait des pamphlets, on décriait les assignats, on subornait des régiments, on dispersait nos armées, on ouvrait nos frontières, on préparait enfin le ratage de nos propriétés, le massacre de nos familles, la ruine de la liberté et les espérances de l'humanité entière.
De tels crimes ne peuvent rester impunis. Un grand piiocÈs VA s'instruire, et l'Assemblée nationale obéit au plus indispensable des devoirs en en recueillant et en publiant les pièces *...
rer sur les trames des ennemis de VEtat. Pour remplir ce but, on proposa de faire imprimer et distribuer tous les pa liers trouvés aux Tuileries après la prise de ce château. On vo ilait se borner à les faire parvenir aux autorités constitu( es et aux sociétés populaires de la République. Je proposai que tous ces imprimés fussent délivrés aux journalistes en nombre égal à celui de leurs abonnés, et, sans frais de ler.r part, ils circulèrent avec leurs journaux. Cette mesure fut adoptée par le ministre. » — {Supplément aux crimes de anciens Comités de gouvernement, par J.-A. Dulaure.) \. Moniteur de 1792, n» 254.
Cette circulaire, qui suffirait seule à "établir que l'initiative du procès de Louis XVI appartient aux Girondins, est sans nul doute l'œuvre de Mme Roland. Avec quelle joie ardente et profonde n'a-t-elle pas dû écrire ces mots : Un grand procès va s'instruire..., elle qui disait à ses amis, dès le mois de juin 1791 : « Faire le procès à Louis XVI serait sans contredit la plus grande, la plus juste des mesures, mais vous êtes incapables de la prendre i ! »
A l'Assemblée législative succède la Convention. Dans la seconde de ces assemblées, comme dans la première, les Girondins ont la majorité ; le procès de Louis XVI n'aura donc lieu que s'ils persistent à le vouloir. Ils n'ont garde de renoncer à l'idée que, les premiers, ils ont mise en avant ; et, lorsque, dans la séance du 16 octobre 1792, un membre de la Montagne, Bourbotte, demande que l'on s'occupe de juger Louis XVI, un membre de la Gironde, un des familiers du salon de Mme Roland, Barbaroux, s'élance à la tribune et s'écrie : « Dès longtemps nous aurions dû exercer le pouvoir que le peuple souverain des quatre-vingt-trois départements nous a confié. Dès longtemps les coupables auraient dû être amenés à la barre pour y être jugés... Je demande que la Convention se forme en comité judiciaire et que la discussion s'entame sur ce sujet 2. »
Le G novembre, Dufriche-Valazé, député de l'Orne, donne lecture, au nom de la Commission extraordinaire des vingt-quatre, d'un Rapport sur les crimes du ci-devant roi. Valazé était l'un des membres les