‹ La légende des GirondinsChapitre 84 sur 274 · Moniteur de 1792, n · texte numérisé non relu

Moniteur de 1792, n

plus importants de la Gironde. Ami intime de Vergniaud i, moins éloquent, mais plus énergique, il avait fait de sa maison, située rue d'Orléans, n° 10 2, un centre de réunion pour les principaux députés du parti, ce qui lui valut d'être un jour dénoncé à la tribune par Marat. « Personne n'ignore, dit VAmi du peuple, que c'est chez Valazéque se tient le directoire des hommes d'État de la faction liberticide. » Valazé répondit qu'en effet « plusieurs de ses collègues, animés de l'amour le plus pur de la patrie, se réunissaient habituellement chez lui. Vous ne voudrez pas, ajouta-t-il, me défendre des conférences amicales, surtout quand elles ont pour but de déjouer les trames ourdies par de vils calomniateurs 3, »

Marat, cependant, Marat lui-même, avait dû être content du Rappo}'t de Valazé. Louis XVI, en effet, y éxait montré, à chaque page, respirant le crime, affamant le peuple, préparant le massacre des patriotes ; on y lisait ces abominables paroles : « De quoi n'était-il pas capable, le monstre ! Vous allez le voir aux pi'ises avec la race humaine tout entière ! Je vous le dénonce comme accapareur de blé, de sucre et de café * !» Le rapport du député girondin se terminait par une longue dissertation, consacrée à établir que

l. Biographie tnoderne, t. III.

:l. Révolutions de Paris, n» 206.

3. Moniteur de 1793, no^ 144 et 145. — « Tous les soirs, nous nous réanissions chez Vala/é, l'un de nous, au nombre de do ize, quinze, queljuefois davantage » {Mémoires de Afeillan, député du départainent des Basses-Pyrénées à la Convention nationale, p. 16).

4. Rapport fait à la Convention nationale, au nom de la Coûimission extraordinaire des vingt-quatre, le 6 novembre 1792, ran premier de la République, sur les crimes eu ci-devant roi, dont les preuves ont été trouvées dans les pa/iiers recueillis par le Comité de surveillance de laConi-

lune de Paris, par Dufriche-Valazé, député du départete.it de VOrne. — Le Moniteur n'a donné de cette pièce imor tante qu'une reproduction incomplète.

l'inviolabilité du roi, écrite dans la constitution de ; 1791, devait être écartée ; que proclamer la déchéance • ne serait pas punir Louis Capet, puisque de l'ait il • était déjà déchu; que ses crimes pourtant étaient i manifestes et que tout crime attesté doit emporter sa , peine; qu'il fallait donc lui en appliquer une autre ! que la déchéance, et que cette autre peine ne pouvait i être diflérente de ce qu'elle serait pour tout citoyen \ français. l

En vain, Dufriche-Valazé avait entassé dans son] rapport les mensonges les plus odieux, les accusations j les plus ineptes et les plus periides ; il se trouva dans i l'Assemblée trois membres pour regretter que ce j factum laissât dans l'ombre plusieurs des crimes de] Capet. Si de ces trois députés l'un appartenait à la | Montagne, — c'était Sergent, un des principaux:] auteurs des massacres de septembre, — les deux.' autres faisaient partie de la Gironde. Barbaroux lit^ remarquer qu' « il existait dans le Comité de sur- j veiliance de Paris, dans le Comité de sûreté générale, * au grefie du tribunal criminel établi par la loi du 1 17 août, et dans celui de la haute cour nationale, un \ très grand nombre d'autres pièces sur les trahisons t "de Louis XVI, et il demanda que toutes ces pièces \ fussent déposées au Comité de sûreté générale, qui \ en ferait un rapport à la Convention i, » Petion, — ,j le vertueux Petion, — alla plus loin : il accusa ' Louis XVI d'avoir voulu le faire assassiner. !

Il y a encore bien d'autres preuves, s'écria-t-il ; il existe une ] infinité d'autres pièces bien plus importantes ; par exemple, le I ci-devant roi se trouva compromis dans plusieurs lettres de i Choiseul-Gouffier et du révollé du Saillant. Il y avait aussi \ dans Paris une police d'assassins, et cette police était char- ; gée, entre autres besognes, d'assassiner le maire de Paris. ^ J'étais informé tous les soirs des progrès de cette conspira- :|

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