‹ La légende des GirondinsChapitre 86 sur 274 · Moniteur, n · texte numérisé non relu

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Au premier rang des députés qui ne reculèrent pas devant cette violation des règles les plus élémentaires de la justice, nous retrouvons Petion :

Les crimes de Louis XVI, dit-il, sont des crimes qui outragent la nature et la société tout ensemble... Il a ourdi les trames les plus criminelles, il a conspiré sans cesse contre son pays, il a voulu allumer le flambeau de la guerre civile ; il a fait massacrer des milliers de Français !... Louis, non jugé, serait un outrage fait à la morale et à la justice. De quel droit pourriez-vous punir ensuite un coupable ? Il nous dirait: Louis l'était plus que moi : j'ai assassiné un individu, Il a assassiné toute la nation *.

Dulaure, député du Puy-de-Dôme, et rédacteur du Thermomètre du jour, l'une des feuilles subventionnées par Roland, résumait ainsi son opinion : « La justice, le salut public, la liberté, sollicitent à la fois la mort de Louis et la sollicitent promptement 2 »,

Un autre député journaliste, également subventionné par Roland 3, Carra, s'exprimait en ces termes :

Ce qui m'étonne le plus dans la Révolution, et ce qui étonnera sans doute de même la postérité, c'est d'avoir mis un seul instant en question si un traître, un assassin, u)i monstre marqueté de tous les crimes, et convaincu, à la face du ciel et de la terre, de tous les forfaits, peut être jugé... Je conclus À ce que la question actuelle dans la Convention ne soit plus de savoir si Louis Capet peut et doit être jugé, mais si son jugement de mort sera prononcé par la Convention ellemême (ce qui est fortement mon avis) et quel sera l'appareil de son supplice 4.

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