‹ La légende des GirondinsChapitre 87 sur 274 · Discours sur l'affaire du roi, par J. Petion · texte numérisé non relu

Discours sur l'affaire du roi, par J. Petion

2. Opinion sur le jugement du ci-devant roi, par J.-A. Dulaure — 2 décembre 1792.

3. En décembre 1792, le ministère souscrivait à 5.000 exemplaires des Annales patriotiques de Carra ; en janvier 1793, à 3.400 exemplaires (Le Déptartement des Affaires étrangères pendant la révolution par F. Maijson, p. 276).

4. Opinion de Carra sur le jugement de Louis Capet, cidevant roi.

Un autre Girondin, Boileau, député de l'Yonne, qui figurera dans le procès des vingt et un, avec Carra, à côté de Brissot et de Vergniaud, faisait imprimer son Opinion sur le procès de Louis XVI avec cette épigraphe: Quod si clémentes esse wlumits^nunquam deerunt hella civilia, et, dans ce long réquisitoire, rivalisait d'exagération et de violence avec les Marat et les Camille Desmoulins :

On croyait d'abord Louis, disait-il, le membre le plus essentiel du corps social ; mais en y regardant de près, on a reconnu qu'il n'en était qu'une protubérance informe et monstrueuse, une excroissance nuisible et parasite, et aussitôt le scalpel des patriotes l'en a séparé. Maintenant les médecins de la république se demandent : que ferons-nous de cette protubérance bizarre et informe ? La conservera-t-on dans un bocal avec de l'esprit-de-vin, ou la rendra-t-on au grand laboratoire de la nature, afin que, ses éléments se combinant avec d'autres éléments, l'éternelle loi de la reproduction la restitue un jour au monde sous une forme nouvelle et meilleure *.

Thomas Paine, député du Pas-de-Calais, que ses relations avec Mme Roland, Brissot et Condorcet rattachaient au parti de la Gironde, adressa à la Convention une lettre dont il fut donné lecture dans la séance du 21 novembre. « Tout porte à croire, écrivait-il, que Louis XVI fait partie de cette horde de conspirateurs ; vous avez cet homme en votre pouvoir, f'T c'est jusqu'à présent le seul de sa bande dont on se -lit assuré. Je considère Louis XVI sous le même point de vue que les deux premiers voleurs arrêtés dans l'affaire du Garde-Meuble... » Il terminait en demandant que l'on écartât « la burlesque idée d'une inviolabilité prétendue », et en déclarant qu'il ne voyait plus dans Louis XVI « qu'un homme d'un

1. Opinion de Jacques Boileau, député du département de r Yonne, sur le procès du ci-devant roi, p. 24.

esprit faible et borné, mal élevé comme tous ses pareils, sujet, dit-on, à de fréquents accès d'ivi-ognerie i. » La Convention décréta l'impression de cette lettre. « Mme Roland et ses amis applaudirent à la rudesse républicaine de cet acte et de ces expressions 2. »

En dehors de l'Assemblée, les feuilles girondines, celles-là surtout qui puisaient leurs inspirations au ministère de l'intérieur, les Annales patriotiques à& Carra, le Thermomètre du jour àe Dulaure, le Courfier des départements de Gorsas, soutenaient, de leur côté, la nécessité de mettre en jugement le cidevant roi. Voici, par exemple, ce que le journal de Gorsas publiait, le 23 novembre, sous ce titre : Bulleletin du Temple :

L'indisposition de Louis n'aura vraisemblablement aucune suite... Il paraît que c'est un rliume de famille ; car la princesse héroïque de Necker, et qui, pour nous servir desBxpressions de cet ex-ministre, a voulu toujours s'attacher aux pas de son frère ; cette héroïque princesse, dis-je, a été aussi enrhumée, mais sans aucun mouvement de fièvre.

Nous ne ferons aucune réflexion sur ce triumvirat de malades ; mais nous ne pouvons nous empêcher de remarquer l'époque : !<> le commencement du procès ; 2» l'appaiition de plusieurs écrits lancés dans le public et qui tous s'apitoient sur le sort du bon roi ; 3o les bruits répandus à dessein que Louis XVI est mort, que Louis XVI est empoisonné. Nous pourrions ajouter à cela le peu de suite que Von donne à ce procès mémorable et NÉCESSAIRE, lors même que la

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