‹ La légende des GirondinsChapitre 88 sur 274 · Moniteur de 1792, n · texte numérisé non relu

Moniteur de 1792, n

2. Histoire des Girondins, par Lamartine, t. IV, p. 279. L'étranger qui adressait à l'auguste captif de la tour du Temple ces indignes outrages fut incarcéré à son tour. Arrêté le 12 nivôse an II (1er janvier 1794), quelques semaines après le supplice des Girondins, il n'eut pas l'honneur de monter sur l'échafaud. Mis en liberté après le 9 thermidor, il mourut en Amérique, le 8 juin 1809, « des suites de son intempérance habituelle et de sa passion pour l'eau-de-vie » (Biographie moderne, t. III),

LA LÉGENDE DES GffiONDINS 155

nation serait assez généreuse pour se borner, à l'égard de Louis XVI, à la conduite que Rome tint avec Tarquin .

Dans le numéro du 27 novembre, Gorsas insérait,

en raccompagnant d'une approbation signée de lui,

ne lettre de l'un de ses amis, dans laquelle on lisait :

è ne sais pourquoi l'on trouve le jugement de Louis XVI si fort embarrassant. Ses prétendues bonnes qualités, sa mauvaise éducation, son ivrognerie, enfin tout ce qu'on allègue en sa faveur, est absurde, car toutes ces excuses étaient également applicables à Cartouche^ à Mandrin et à plusieurs autres criminels. Il est d'ailleurs absurde de dire que Louis XVI ne doit point être puni de ses meurtres, sous prétexte que la constitution n'est pas assez claire à cet égard; autant vaudraitil soutenir que les Athéniens n'ont jamais puni le parricide, parce que Solon avait eu la prudence de ne pas faire mention de ce crime dans son code pénal ; la constitution aurait expressément permis le meurtre à Louis XVI, qu'il en serait encore punissable, en vertu de la loi naturelle, qui est plus sacrée que toutes les institutions humaines 2.

ïJLa discussion ouverte le 13 novembre sur la quesbn de savoir si Louis XVI pouvait être jugé, durait depuis vingt jours ; le 3 décembre, elle fut déclarée close. Plusieurs projets de décret avaient été déposés sur le bureau. Celui de Petion obtint la priorité, et il fut décidé, conformément à sa proposition, que Louis XM; serait jugé, et qu'il le serait par la Ck)nvention nationale 3.

Le lendemain, 4 décembre, c'est encore sur la motion de Petion que l'Assemblée décrète « qu'elle s'occupera tous les jours depuis midi jusqu'à six heures du procès de Louis XVI *. »

Le 6, elle charge une commission, composée de

1. Le Courrier des départements, par A.-J. Gorsas, député à la Convention nationale. Vendredi 23 novembre 1752.

Page 1