Séance du 2 janvier. j
Petioii : « Louis a mérité la mort ; mon devoir me prescrit de la prononœr. Les événements incertains peuvent rendre cette mort funeste à mon pays ; ils peuvent la rendre utile. Je ne dois pas sacrifier le sentiment de ma conscience à des combinaisons que le hasard peut varier à l'infini... Je demande que Louis soit déclaré coupable, ciue Louis soit condamné à mort 1. »
La mort ! Tel était donc le cri qui s'élevait des bancs de la Gironde aussi bien que de ceux de la Montagne. Mais en même temps qu'ils demandaient que Louis lut condamné au dernier supplice, Buzot, Gensonné, Petion, exprimaient le vœu que le décret de la Convention tut envoyé ù, la ratification des assemblées primaires. Il n'en a pas fallu davantage pour que les historiens transformassent en défenseurs de Louis XVI ces mêmes hommes qui avaient préparé et rendu inévitable le procès du roi, qui avaient dressé la liste de ses prétendus crimes, ne la trouvant jamais assez longue et s'acharnant sans cesse à la grossir, qui avaient fait écarter l'inviolabilité inscrite en sa faveur lians la constitution, qui avaient fait décider qu'il serait jugé et qu'il le serait par la Convention, et qui déjà s'étaient hautement prononcés pour la mort! Cette appréciation des historiens amis de la Gironde est-elle justifiée ? Est-il vrai qu'en réclamant l'appel au peuple, les Girondins se soient proposé de soustraire Louis XVI à l'échafaud 2 ? Nous ne le croyons pas, et la légende ici encore tombe devant les faits.