‹ La légende des GirondinsChapitre 91 sur 274 · Séance du 3 janvier · texte numérisé non relu

Séance du 3 janvier

2. « Les Girondins désiraient sauver Louis XVL.. Ils proposèrent un moyen adroit de le soustraire à la mort, en appelant de la sentence de la Convention au peuple » (Mignet, t. !•% pp. 352, 353).

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Sans revenir sur les actes et sur les discours des \

Girondins antérieurs au 27 décembre 1792, en nous ;

en tenant seulement à la dernière période du procès, 1

à celle dans laquelle se produisit la discussion sur 1

l'appel au peuple, il nous sera lacile d'établir que leur ■}

but, en demandant le renvoi aux assemblées primai- \

res, n'était point de sauver le roi. !

Il importe tout d'abord de constater qu'à la fin de :

décembre et dans ces premières semaines de janvier, ]

où allait se décider le sort du royal accusé, les Giron- j

dins disposaient dans le sein de la Convention d'une j

majorité incontestable. Robespierre lui-même en l'ai- j

sait l'aveu, lorsqu'il s'écriait avec désespoir, dans son ]

discours du 28 décembre : « La vérité fut toujours i

en minorité sur la terre. » Dans la séance du 9 jan- ■;

vier, la Convention renouvela les membres du Comité 1

de sûreté générale ; le résultat de ce vote, qui emprun- l

tait aux circonstances une gravité exceptionnelle, lut ]

des plus significatifs. Sur les quinze membres élus, l

quatorze appartenaient à la Gironde ou à la Plaine. |

Voici leurs noms : Chambon, Grangeneuve, Duperret, i

Champeaux, Jarry, Lemaréchal, Gommaire, Dupont, \

Ruault, Rebecqui, Gorsas, Zangiacomi, Bordas, Esta- ]

dens, Jouenne-Lonchamps. Ce dernier était le seul ]

qui appartînt à la Montagne. Aussi, à mesure que j

Manuel, l'un des secrétaires, prononçait ces noms, ;

voyait-on Marat sauter sur son banc, grincer des ;

dents, montrer son poing. Quand l'Ami du peuple J

entendit les noms de Rebecqui et de Gorsas, n'y pou- 1

vant plus tenir, il se précipita du haut de la Monta- ]

gne, criant : C'est horrible cela, c'est un complot, \

c'est un comité de conjuration i .' !

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