‹ La légende des GirondinsChapitre 94 sur 274 · Journal des Débats et des Décrets, iainviav 1793, p · texte numérisé non relu

Journal des Débats et des Décrets, iainviav 1793, p

Oui, si la peine de mort est prononcée contre les engagements jurés solennellement ♦.

Boissieu, député de l'Isère : « Comme juge, je dis non ; comme législateur, je dis oui, si la peine que vous prononcerez est la peine de mort 2. »

Izoard, député des Hautes-Alpes : « Si la majorité de l'Assemblée croyait devoir condamner Louis à la mort, comme je pense qu'elle ne peut condamner qui que ce soit à perdre la vie, dans ce cas seulement je vote pour la ratification du peuple, et mon suffrage n'est pour oui que dans ce cas 3 ».

Opoix, député de Seine-et-Marne: «Je ne vote l'appel au peuple que dans le cas où la Convention prononcerait la peine de mort ^».

Et ces 5 députés n'étaient pas les seuls à se défier ainsi de l'appel à la nation. 08 de leurs collègues, qui devaient quelques instants après voter pour la détention ou le bannissement, votèrent contre le renvoi aux assemblées primaires, tandis que 74 députés, partisans de la mort, votaient en faveur de ce renvoi 5. Comment expliquer ces votes, si l'on admet, comme l'ont fait jusqu'ici presque tous les historiens, que l'appel au peuple devait avoir inévitablement pour conséquence le salut du roi ? Rien déplus naturel, au- contraire, rien de plus logique, si l'on estime, comme on le doit faire, suivant nous, que les Girondins, en demandant l'appel au peuple, se proposaient, non de soustraire Louis XVI à la mort, mais de se soustraire eux-mêmes à la plus terrible des

i.Appels nominaux faits dans les séances des 15 et 19 janvier 1793. — DeTImpriraerie nationale.

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