Ibid
h. Appels nominaux faits dans les séances des 15 et 19 janvier 1793. — De l'Imprimerie nationale.
lîO LA LÉGENDE DKS GIRONDINS
responsabilités. « L'appel au peuple, invoqué par une foule de patriotes, n'était pas un moyen de sauver le tyran ». Voilà la vérité, et c'est le chef môme de la Gironde, c'est Brissot, qui l'a proclamée, au lendemain de l'exécution de Louis XVI i.
424 voix contre 283 avaient décidé, dans la séance du 15 janvier, que le jugement de la Convention nationale contre Louis Capet ne serait pas soumis à la ratification du peuple.
Le 16 janvier, il est procédé au vote sur cette question : Quelle peine sera infligée à Louis?
Si la proposition de l'appel au peuple n'a été, pour les Girondins, qu'un moyen de soustraire Louis XVI à la mort, leur rôle est maintenant clairement tracé. Il n'y a plus pour eux d'hésitation possible : puisque le renvoi aux assemblées primaires vient d'être rejeté, ils vont évidemment voter contre la mort !
C'est Vergniaud qui occupe le fauteuil de la présidence. C'est lui qui va être appelé à prononcer la sentence par laquelle se terminera le procès. 11 fera plus que la prononcer, il la dictera ; car, dans l'état de division et de trouble où se trouve l'Assemblée, son exemple, sa parole et son vote ne peuvent manquer d'entraîner un certain nombre de membres qui hésitent encore et qui se prononceront pour la mort ou contre la mort, suivant que le président se sera -prononcé lui-même. Il semble d'ailleurs que la Providence ait voulu que la Gironde, puisqu' aussi bien le procès du roi était son œuvre, eût, à l'heure suprême, la responsabilité tout entière du vote décisif. Par suite de l'usage qui, dans les appels nominaux,