Journal des Débats et des Décrets, janvier 1793, p
s'y présentera personne pour vouloir sauver ce grand coupable l. »
Quelques jours après le 21 janvier, Brissot écrivait, dans le Pati-îote français : « Si l'opinion publique continue à se déclarer avec la même énergie, les républicains n'auront pas à regretter qu'on n'ait pas eu recours à l'appel au peuple. Depuis le supplice de Louis, à peine s'est-il passé un jour sans que l'Assemblée ait reçu un grand nombre d'adresses qui adhèrent à cet acte de justice nationale 2. »
Le 26 janvier 1793, Du triche-Val azé adressait à ses commettants une lettre d'où j'extrais ce passage: « Mes amis, depuis le l»"" octobre dernier, jour où j'ai été nommé membre de la Commission des vingtquatre, mon soin particulier a été l'examen et la vérification des pièces qui constatent les crimes de Louis Capet... J'ai recueilli ces titres et je les ai fait valoir autant qu'il était possible contre le grand coupable que nous avions à juger. Je suis le premier qui l'aie dénoncé, et si le ciel m'a donné quelque énergie, j'en ai fait usage dans cette circonstance 3. »
880 voix contre 310 repoussèrent le sursis ; et, le 21 janvier, sur la place de la Révolution, Louis XVI gravissait les degrés de l'échafaud, à l'heure où Vergniaud, dans la salle du Manège, montait au fauteuil de la présidence '^.
Trois jours après, la Convention conduisait en grande pompe au Panthéon le corps de Michel Lepelletier, l'un des juges de Louis XVI. Après un discours de Barère, Vergniaud prit la parole et s'écria : « Citoyens, Brutus est immortel pour avoir immolé Cé-
i. Histoire des Journaux et des Journalistes de la Révolution française, par Léonard Gallois, t. II, p. 482.