‹ La légende des "philosophes"Chapitre 10 sur 70 · lir. Chahavav, Cal. de la vente d'uul. liovel, n · texte numérisé non relu

lir. Chahavav, Cal. de la vente d'uul. liovel, n

O-l LA LEGENDE DES PHILOSOPHES

le tliéàtre ; ou trouvera chez lui le profane et le sacré à choisir '. >> — Il installait dans le village une fabrique d'horlogerie, l'aidait de ses propres deniers ; le 17 juin 1771 il écrivait au marquis de Saint-Priest pour lui faire part des succès de cette industrie et ajoutait qu'une fois la paix faite la Turquie pourrait être un meilleur débouché encore que Paris- ; enfin, il était hospitalier et généreux, et le 28 février de la même année, l'abbé Terray, contrôleur des finances, le félicitait au nom du roi pour le bon accueil qu'il avait fait aux réfugiés genevois dans le pays de Gex '.

Certes, il n'y a rien dans tout cela qui puisse donner prise à la critique. A part l'orgueil immense que lui avaient inspiré les flatteries presque grossières dont on l'abreuvait à journée faite, et dont la trace apparaît à chacun des instants de son âge mùr et de sa vieillesse, ^'oltaire eût été presqu'un sage s'il n'eût pas déclaré à la religion la guerre impitoyable que l'on sait, — guerre hypocrite d'ailleurs, qui visait surtout à faire croire à une impiété qui n'existait pas, car Voltaire, toute sa vie, a caché sous les sarcasmes grossiers les croyances les plus solides et les pratiques religieuses les plus sérieusement observées. Mais un autre personnage et des plus importants, occupait aussi sa place à Ferney et ne manquait pas d'attirer l'attention, c'était Mme Denis.

Si Voltaire, au cor[)s décharné et presque diaphane, ne montrait dans son visage anguleux que des yeux au regard vif cl pétillant et des lèvres sur lesquelles errait à perpétuité le sourire sarcaslique dont on a si souvent parlé, Mme Denis était au contraire

1. NouL Chahavay, Diilleliii d'aul., dOccmbrc liml, 11° ")315S.

Page 1