‹ La légende des "philosophes"Chapitre 9 sur 70 · VOLTAIRE ET M""= DU CH.VTELET · texte numérisé non relu

VOLTAIRE ET M""= DU CH.VTELET

pas de grands inconvénients et que je serais fort aise moi-même de lui donner une marque de bonne volonté, je vous serai obligé, Monsieur, de vouloir bien prendre les éclaircissements nécessaires là-dessus '. »

Celte « bonne grosse Mme Denis » n'avait absolument rien de ce qui fait la distinction native des grandes dames. Elle devint l'intendante de la maison, la première servante du grand homme ; elle eut la haute main sur les détails du ménage, pendant que Voltaire — que Piron appelait « le plus grand Pygmée du Parnasse » — faisait installer au château un théâtre sur lequel, en compagnie de Le Kain et de Mlle Clairon, il jouait ses propres tragédies. Il ne consentait d'exception ([ue pour le prince de Ligne qu'il incitait à écrire une comédie lui promettant de la représenter à Ferney et qui, le 3o décembre 1768, lui répondait de Bruxelles, dans des termes qui durent agréablement chatouiller son orgueil pourtant habitué aux vapeurs de l'encens : « Accoutumé à voir les impératrices vous en conter, les rois vous dire des douceurs, leurs ministres vous faire leur cour, votre nom prononcé avec respect par les nations les plus barbares, et les Anglais, les Français et les Italiens à vos genoux, vous ferez bien peu d'attention à ce que je m'avise de vous dire de si loin. J'essaye tous les jours des talents si faibles pour la comédie que je n'oserai jamais les risquer sur le charmant Ihéillrede Ferney-. » 11 invitait à le venir voir ses amis, surtout ses flalleurs, ou bien des arlisles auxquels il faisait payer son hospitalité par un portraiL. Le 20 octobre 17O1, le marquis de Chauvelin recevait une invitation en règle " à passer par Ferney pour y voir

1. Kt. CiiARAVAY, Oz/H/of/i/f (Ic la l'eitlc d'auloyraphes de M. Bovel,

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