ROUSSEAU. SES ADMIRATEURS
cahiers de la Nouvelle Héloïse ([iie Mme d'Houdetot était la première à parcourir.
On ne saurait se figurer le succès qu'a eu le roman. .Jean-Jacques, dans ses (Jonfessions, se plaît à parlei des déclarations d'amour qu'il reçut après sa publication et des conquêtes qui lui étaient offertes. Car ce sont les femmes surtout qu'il a su captiver et c'est par les femmes qu'il a exerce toute son influence. Il n'en faudrait pas conclure que les hommes sont restés insensibles à l'œuvre passionnelle de Rousseau ; il a conquis les esprits les plus divers et Julie a trouvé des adorateurs dans les milieux les plus inattendus.
— « Le 19 juin 1792, dit Chateaubriand dans les Mémoires d'oalre-tombe, j'étais allé à la vallée de Montmorency visiter l'Ermitage de J.-J. Rousseau : non point que je me plusse au souvenir de Mmed'Epiiiay et de cette société factice et dépravée, mais je voulais dire adieu à la solitude d'un homme antipathique par ses mœurs à mes mœurs, bien que doué d'un talent dont les accents remuaient ma jeunesse. Le lendemain, 20 juin, j'étais encore à l'Ermitage. J'y rencontrai deux hommes qui se promenaient comme moi dans ce lieu désert pendant le jour fatal de la monarchie, indifférents qu'ils étaient, ou qu'ils seraient, pensais-je, aux affaires du monde. L'un était M. Maret, de l'empire ^ l'autre, M. Barrère de la Kéjiublique. Le gentil Barrère était venu loin du JHuit, dans sa philosophie sentimentale, conter des llourctles révolutionnaires à l'ombre de Julie. Le troubadour de la guillotine sur le rapport dn(|uol la (Convention décréta que la Terreur était Ji l'ordre du jour, échapi)a à cette Terreur en se cachant dans le panier aux tcMes. I)u fond du |iaiii(T do, sang, sous