Cal. de la venle it'aut. de M. Bovel, n° 7Z
que, malgré la faiblesse de l'dge, il n'y a point paru plus sensible qu'on ne doit l'être à une simple plaisanterie ; ce sont ses amis qui s'en sont scandalisés pour lui '. »
Il ne faut donc pas être surpris des haines ardentes qu'il a soulevées contre lui, des animosités qu'il a fail naître, des inimitiés qu'il s'est attirées et, c'était [lartnul où il passait des difficultés nouvelles qui, d'habitude, ne tournaient pas à son avantage. Dans le cours de celte même année 17.11 à Berlin où, certes, dans le cercle de la cour, il n'avait compté que d'illustres amitiés, toutes prêtes à lui rester fidèles s'il n'eût rien fait pour les voir s'attiédir, il eut un procès contre le juif Hirsch à propos duquel Poellnitz, l'auteur de la Saxe galante, écrivait à la Margrave de Baireuth dont l'affection pour Voltaire ne pouvait pas être suspectée : « Le pauvre poète est hué de tout le monde ; il disait il y a quelques jours au chancelier que, s'il ne lui faisait gagner son procès, il mettrait la croix du Mérite et la clef de chambellan aux pieds du roi et qu'il ferait des vers. Le chancelier répondit : « Eh bien ! monsieur, si vous rimez en français, je rimerai en allemand. » Quoi qu'il en soit, le champ de bataille pourrait bien rester au chancelier, le poète étant très mal du scorbut et venant de perdre deux dents de devant, ce qui n'embellit pas son masque'-. »
Voilà bien Voltaire tout entier et son incommensurable orgueil! — C'est presque un marché qu'il impose au chancelier de Prusse et par suite au roi luimême : ou bien lui faire gagner son procès ou bien recevoir sa démission de chambellan et de chevalier